Émile Gaboriau

Émile Gaboriau

Résumé

Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau Le Dossier n° 113

Ah ! jamais. Plutôt vous voir, de chute en chute, rouler jusqu’au ruisseau que vous savoir la femme d’un tel homme.
Ainsi, la haine de la comtesse s’exprimait précisément comme la colère du marquis de Clameran.
— D’ailleurs, reprit-elle, avec cette férocité dont une femme seule est capable, d’ailleurs il est noyé, votre amant, et le vieux marquis est mort à ce qu’on assure. Dieu est juste ; nous sommes vengées.
Les paroles de Saint-Jean, « qu’on se réjouirait à La Verberie », se représentèrent aussitôt à l’esprit de Valentine ; une joie odieuse éclatait dans les yeux de la comtesse.
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Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau Le Dossier n° 113

Le jour de la mise en liberté de Prosper, sur les trois heures, M. Fauvel était comme de coutume assis à son bureau, les coudes sur la tablette, le front dans les mains, l’œil perdu dans le vide, lorsque son garçon de bureau entra précipitamment, l’air effaré.
— Monsieur, disait cet homme, c’est l’ancien caissier, M. Bertomy, qui est là avec un de ses parents ; il veut vous voir absolument, vous parler.
Le banquier, sur ces mots, se dressa d’un bond, plus bouleversé que s’il eût vu la foudre tomber à trois pas de lui.
Prosper !
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Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau Le Dossier n° 113

Hors vous, que me fait la terre entière ? Tous perdre, c’est mourir. Que le Rhône reprenne donc cette vie qu’il m’a miraculeusement rendue et qui maintenant m’est à charge.
Déjà il s’avançait vers le Rhône, décidé à mourir ; Valentine le retint.
— Est-ce donc là ce que vous appelez aimer ?
Gaston était absolument découragé, anéanti,
— À quoi bon vivre ? murmura-t-il ; que me reste-t-il désormais ?
— Il nous reste Dieu, Gaston, qui tient entre ses mains notre avenir.
La moindre planche semble le salut au naufragé ; ce seul mot avenir éclaira d’une lueur d’espérance les ténèbres de Gaston.
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