Vast-Ricouard

Résumé

Vast-Ricouard Séraphin et Cie (9e éd.) (1880)

Suzanne et Séraphin se tenaient debout, côte à côte, près de la porte du grand salon, recevant les invités, dont un huissier annonçait, d'une voix grave, qui se perdait dans les bruits de l'orchestre, les noms bourgeois. Suzanne saluait les arrivants, d'un sourire et d'une révérence de petite pensionnaire, tandis
que son père, la face cramoisie, empourprée par la chaleur, ses jambes pliant sous le poids du ventre proéminent, tendait familièrement à tous, même à ses employés conviés en masse, sa large main , dont le gant avait craqué au-dessous du pouce, dans ces étreintes répétées.
Source : Gallica

Vast-Ricouard Séraphin et Cie (9e éd.) (1880)

Du reste, s'il était coupable, Séraphin l'était encore bien davantage, car il était le père de Suzanne, lui, ce qui ne l'empêchait pas de tolérer ces tête-à-tête dangereux, où la passion du jeune homme pour Mlle Séraphin s'avivait et s'emportait parfois jusqu'à la folie ! Ce père, si peu soucieux de la réputation et de l'honneur de sa fille, semblait, par sa conduite, l'autoriser à se montrer entreprenant ; une pareille indifférence, de la part de l'homme le plus intéressé
à surveiller la jeune fille, levait tous ses scrupules de galant homme.
Source : Gallica

Vast-Ricouard Séraphin et Cie (9e éd.) (1880)

Tout ce charme féminin qui commençait à se répandre sur la personne de la jeune fille, revenait à sa mémoire, était comme visible pour lui seul, prenait comme une forme dans l'air enfumé du bureau, lui faisait trouver les heures plus courtes, et il songeait à part soi : — Qui sait, si un jour !. L'avenir est à moi, et, par le travail, pourquoi n'arriverai-je pas à me rendre digne d'elle ! Mais il n'avait pas si bien dissimulé sa pensée, que ses camarades ne l'eussent devinée, et, le plus souvent, quelque observation gouailleuse de l'un d'entre eux le ramenait brusquement du rêve à la réalité.
Source : Gallica

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