Tristan Bernard

Tristan Bernard

Résumé

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Les moyens du bord (1927)

Mathilde rentrait. Elle avait croisé dans l’escalier un monsieur qui avait semblé ne pas la voir et en qui elle avait cru, elle, reconnaître M. Langrevin.
— C’était lui, fit négligemment Gustave.
— C’est à peine s’il m’a fait bonjour de la tête. Je veux bien qu’il ne m’ait pas reconnue. Quand on croise une femme dans un escalier, on peut bien risquer un rhume en retirant son chapeau.
— Tais-toi, dit Gustave. Tu n’as pas besoin de faire attention au coup de chapeau d’un individu pareil. Tu vaux mieux dans ton petit doigt que lui dans toute sa personne.
Source : Gutenberg

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Les moyens du bord (1927)

C’est que sa fortune croissante a fait naître en lui un goût étrange d’économie. Il n’est pas encore parvenu à l’avarice, mais, comme eût dit M. Langrevin, il connaît la valeur de l’argent. Au moment de s’acheter un meuble, il se trouve arrêté par toutes les possibilités d’autres achats, que représente subitement à ses yeux la somme qu’il est sur le point de donner au marchand. M. Langrevin, s’il connaissait le nouvel état d’esprit de son fils, dirait que Marcel commence enfin à savoir comment on fait les bonnes maisons.
Source : Gutenberg

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Les moyens du bord (1927)

Marcel ne sait toujours pas où sont ses onze mille francs. Ils ne sont pas chez M. Pecq-Vizard. C’est toujours un point acquis.
Et puis, il a quelqu’un à détester : ce qui le soulage un peu.
Mais, ce qui l’ennuie, c’est de se dire que M. Pecq-Vizard a peut-être raison, et qu’une saine morale sort de la bouche de cet être médiocre et sans moralité profonde.
Il y a des moments où Marcel se justifie très bien de jouer au poker. Il prétend même qu’il n’est pas joueur, ce qui fait sourire ses camarades.
Source : Gutenberg

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