Amédée Delorme

Élements biographiques

Amédée Delorme,  Mauroy (1879)

“ Pour abandonner ta main à un homme inconnu, à moins qu'il ne t'aie versé quelque philtre enchanteur, as-tu perdu, dis-
le-moi, tout respect de toi-même? Allons!
parle donc; défends-toi : il en est temps.
— Ayant douté de vous, je pouvais bien douter de moi, dit-elle en m'échappant.
D'ailleurs, si quelqu'un pouvait me rendre cœur, c'est à coup sûr M. de Pierrart. Dès qu'il me vit triste, et qu'il apprit les motifs de
ma tristesse, il sut dissiper pour son compte les défiances soulevées en moi par votre noirceur.
”
Source : Gallica

Amédée Delorme,  Journal d'un sous-officier, 1870

“ Il n'y avait point d'électricité dans le ciel, l'orage sévissait sur la terre. C'était le bruit de la canonnade. Enfin!
Faible encore, bien faible, très éloigné, mais nettement perceptible, ce premier écho de la bataille nous insuffla comme une vie nouvelle. Pour ma part, je ne sentais plus le poids de mon sac; le fusil me semblait aussi léger qu'une canne de jonc; j'oubliai même la cuisante douleur de mon malheureux talon; je me trouvais aussi alerte et dispos qu'aux jours où je m'exerçais chez Léotard, et, la nuit, dans la prairie des Filtres de Toulouse.
”
Source : Gutenberg

Amédée Delorme,  Mauroy (1879)

“ Quelle joie d'y voir régner Berthe! Et puis — ou ne conduit pas le rêve? — elle n'animait pas le château de sa seule présence ; bientôt, douce espérance, on y voyait courir quelques enfants joyeux. Déjà l'un s'échappait dans le parc.
Je songeais ainsi, les yeux fermés et la main sur mon front. En cet instant, une mélodie perça la portière du boudoir, se renforça, pour s'assoupir de nouveau tout a fait : l'idée me vint qu'en l'écoutant de son côté Berthe s'impatientait de mon absence; mais je n'eus garde
de bouger.
”
Source : Gallica

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