Charles René Renou

Élements biographiques

Charles René Renou Relation d'un voyage au Thibet en 1852 et d'un voyage chez les Abors en 1853… (1854)

J'ai certainement admiré les parcs de Saint-Cloud et de Versailles; mais que l'oeuvre de l'homme paraît mesquine, pauvre, calculée, compassée, quand on voit l'oeuvre de Dieu dans les Himalayas ! c'est un lampion dans un verre de couleur comparé au soleil. Il n'y a ici aucun arbre, que je connaisse; aucun de ceux que j'ai vus si souvent dans les forêts de la Lorraine. La montagne n'a pas de roche; c'est une bonne terre noire, formée du détritus de ces géants affaissés par la vieillesse, ou déracinés par l'orage, et qui pourrissent sans que la hache de l'homme y touche jamais.
Source : Gallica

Charles René Renou Relation d'un voyage au Thibet en 1852 et d'un voyage chez les Abors en 1853… (1854)

Sa largeur, depuis le Brahmakoundo jusqu'au Thibet, est de cent cinquante à deux cents mètres. Le lit du fleuve, trop étroit pour son volume, la pente du sol tout encombrée de rochers, donnent à son cours une rapidité si impétueuse, que je n'ai pas vu un seul endroit où le plus vigoureux éléphant pourrait tenir pied ferme une seule seconde. Une coule pas, il bondit avec fureur; il ne murmure pas, il mugit à se faire entendre à distance comme un tonnerre lointain. Sa surface, depuis Sommeu jusqu'aux plaines d'Assam, n'est qu'une nappe d'écume blanche
Source : Gallica

Charles René Renou Relation d'un voyage au Thibet en 1852 et d'un voyage chez les Abors en 1853… (1854)

Le premier village, des Michemis est suspendu au flanc de la montagne, à notre droite. Avertis de notre arrivée,, ils descendirent tous, et nous trouvèrent en prières; ils se tinrent autour de moi, la pipe à la bouche, appuyés sur leurs lances et plongés dans un profond silence de curiosité. Quand j'eus fini, ils me présentèrent quelques fruits de leurs forêts; je leur donnai en retour du sel et du tabac. Quel pauvre peuple ! leur corps est aussi misérable que leur âme; à peine ont-ils quelques lambeaux de vêtements dont ils cherchent à envelopper leurs membres engourdis.
Source : Gallica

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