René Martineau, Le Musicien de province
“ Je n’avais encore pénétré que rarement dans une salle de théâtre, mais assez pour que le brouhaha de l’orchestre qui s’accorde me fut connu. Quel ravissement que celui de me sentir, moi ripiane, tel qu’un des éléments de cette cacophonie. L’impression, le premier soir, fut générale et nous nous regardâmes tous en souriant de plaisir. Puis M. Grillé frappa deux légers coups de son archet sur le coin de son pupitre, donna quelques conseils, puis indiqua le mouvement : « Un, deux, trois... » L’orchestre attaqua la première mesure et l’effet fut immense sur mes nerfs et sur mon cœur. ”
