Adelbert von Chamisso,
L’Homme qui a perdu son ombre
(1822)
“ Bendel, ne m’abandonne pas. Tu me vois riche, libéral, et tu penses que le monde devrait m’honorer et me rechercher. Cependant tu me vois fuir le monde ; tu me vois mettre entre lui et moi la barrière des portes et des verrous. Bendel, c’est que le monde m’a condamné ; il me repousse, me rejette ; et peut-être me fuiras-tu toi-même, lorsque tu sauras mon effroyable secret. Bendel, je suis riche, généreux, bon maître, bon ami, mais, hélas ! je n’ai plus...... Comment achever, grand Dieu !... Je n’ai plus... mon ombre. » — « Plus d’ombre ! s’écria-t-il avec terreur, plus d’ombre ! » ”

