Heinrich Zschokke

Résumé

Heinrich Zschokke Nouvelles allemandes (1847)

«Voyez, dit-elle, elle ressemble à une fiancée.
— Mais non pas à une belle fiancée, dit Foedora ; si tu veux en voir une vraiment belle, regarde; » et elle plaça la couronne sur le front de Scolastica. Puis, voyant son amie pâlir tout à coup : « Qu'as-tu donc? s'écria-t-elle.
— Enlève cette parure. Tu sais qu'il ne nous est pas permis de la porter.
— Je le sais, répondit Foedora en soupirant. Hélas! le monde doit pourtant être si beau. Ne voudrais-tu pas le voir? »
Cette question, si innocente qu'elle fût, jeta un nouveau trouble dans le coeur de Scolastica, et elle ne répondit rien.
Source : Gallica

Heinrich Zschokke Nouvelles allemandes (1847)

Où sont-ils les voleurs? dit le malheureux Hemkengripper, tremblant de tous ses membres.
— C'est à vous à me le dire, répliqua Primula : c'est vous qui criez au voleur d'un ton de voix qui ressemble à celle d'un homme. C'est sans doute la fièvre qui vous agite ainsi. Prenez encore une tasse d'infusion.
—Hélas ! dit le professeur, en rentrant dans son rôle de vieille femme, j'ai perdu un manuscrit que mon maître m'avait confié.
- N'est-ce que cela, dit en riant Primula, nous en avons ici une quantité qu'un étudiant nous a laissés en prenant la fuite pour ne pas payer ses dettes.
Source : Gallica

Heinrich Zschokke Nouvelles allemandes (1847)

Ecoutez, Emile. Mon nom de religieuse était Scolastica; des parents avares m'enfermèrent toute jeune dans le cloître. Dans ma solitude pénétra un de ces hommes du monde qui se font une joie de violer l'asile où règnent la paix et la piété. Laissez-moi, mon ami, jeter un voile sur cette époque désastreuse de ma vie. Cet homme, qui m'arracha à la tranquillité du couvent, était un jeune Russe d'une famille distinguée. Il m'amena à Paris. Je l'aimais, j'avais mis en lui toutes mes espérances. Il trompa mon âme crédule et déchira mon coeur.
Source : Gallica

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