Albert de La Berge

Résumé

Albert de La Berge Revue des Deux Mondes

La consommation a multiplié ses exigences, ses caprices ; les dessins doivent être changés à tout instant, les étoffes varient sans cesse, comme matière première, comme trame, comme style ; aucune production ne peut se faire en grand, et pour longtemps ; les métiers doivent être prêts à s’arrêter et à repartir à toute heure, suivant les hasards de la mode et la rapidité des concurrences. Le succès est à celui qui apporte une nouveauté et peut la produire plus vite et à meilleur marché que les étoffes similaires.
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Albert de La Berge Revue des Deux Mondes

De toutes nos industries textiles, l’industrie de la soie est assurément celle qui fait le plus d’honneur au travail français et qui contribue dans la plus large mesure à maintenir au dehors le renom de nos fabricans et de nos ouvriers. Son empire est universel. Ses étoffes, ses dentelles et ses rubans, ses tissus les plus modestes comme les plus riches, ont pour clientèle le monde entier, et aucune de ses rivales européennes ne conteste sa suprématie.
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Albert de La Berge Revue des Deux Mondes

Il est fier de sa profession et pousse à un degré extrême l’amour-propre du travail. Son ingéniosité est surprenante ; il invente à tout instant des perfectionnemens de son outillage, que la chambre de commerce de Lyon a la sagesse de récompenser par des primes ; il excelle à tourner toutes les difficultés des tissages différens qu’on lui commande. On a pu affirmer avec raison que le maniement du fil de soie constitue, à Lyon et à Saint-Étienne, une sorte d’aptitude héréditaire, qu’il s’agisse de tissage, de teinture, d’apprêt ou de toute autre manipulation.
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