Résumé

Alcide Ebray Revue des Deux Mondes

C’est parce que l’Espagne « n’a pas pu ne pas pouvoir » qu’elle cherche aujourd’hui à réparer, du moins en ce qui concerne l’Amérique latine, le dommage matériel et moral que lui a causé sa guerre malheureuse. Bien que Cuba et Porto-Rico, avec leur population espagnole péninsulaire estimée à 300 000 âmes, fussent le principal trait d’union entre le Nouveau Monde et la métropole, ainsi que l’élément essentiel de l’action politique et économique de cette dernière dans les pays américains, tout ne semble pas perdu pour l’Espagne parce qu’elle a perdu ses colonies.
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Alcide Ebray Revue des Deux Mondes

Le demi-insuccès de la Conférence de La Haye n’était pas fait pour décourager les promoteurs du Congrès de Madrid. En effet, il ne saurait y avoir entre ; l’Espagne et ses anciennes colonies des conflits portant sur des intérêts aussi essentiels et inconciliables qu’entre les puissances représentées à La Haye. D’autre part, s’il est vrai que les États hispano-américains ne se font que trop souvent la guerre les uns aux autres, il n’est pas moins évident que ces guerres ne sont déterminées le plus souvent que par des raisons futiles, ou même personnelles, qui n’excluent pas l’arbitrage.
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Il n’est donc pas impossible que les États hispano-américains, dans la crainte d’être absorbés, ou simplement dominés, par la grande république anglo-saxonne, éprouvent le besoin d’affirmer leur individualité ethnique par un rapprochement avec l’Espagne.
Quoi qu’il en soit, l’initiative de l’Union ibéro-américaine a été accueillie très favorablement dans l’Amérique latine, non seulement par l’opinion publique, mais aussi par les gouvernemens eux-mêmes.
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