Résumé

Pierre Leroy-Beaulieu Les États-Unis puissance coloniale

Pour accomplir ses destinées, l’Union croit qu’elle doit dominer le Pacifique et, comme corollaire naturel, construire le canal interocéanique, être la maîtresse de la mer des Antilles, sans quoi des ennemis pourraient venir couper toute communication entre ses escadres de l’Atlantique et celles du Grand Océan, l’isoler même de l’Amérique du Sud, autre champ où il est naturel qu’elle cherche à exercer, sinon le quasi-protectorat auquel elle prétend, du moins une sérieuse influence.
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Pierre Leroy-Beaulieu Les États-Unis puissance coloniale

Or, de même que le soin d’exploiter le bassin du Mississipi et les Montagnes Rocheuses revenait naturellement à leurs aïeux, qui étaient le seul peuple civilisé en situation de le faire, de même, disent les partisans de l’expansion, c’est aux Américains d’aujourd’hui, seule grande nation voisine du Pacifique, à le mettre en valeur, à le sillonner de navires, à le couper de câbles télégraphiques, à l’outiller, en un mot, pour lui permettre de jouer au plus tôt, dans l’économie générale du globe, le rôle qui doit lui échoir.
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Quant aux agressions extérieures, les États-Unis n’ont-ils pas su jusqu’ici en préserver leurs divers petits voisins sans qu’il fût besoin d’aucune garantie écrite ? La certitude que toute atteinte à l’indépendance de ces États serait considérée comme une provocation par quatre-vingt millions d’Américains n’a-t-elle pas suffi à en écarter les ambitions européennes ? Ne suffira-t-elle pas évidemment pour Cuba ? En vérité les craintes qu’on manifeste à Washington paraissent bien conçues pour les besoins de la cause.
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