Amédée Achard,
Salomé, Scènes de la Forêt-Noire
“ Ma vie s’écoule à regarder Salomé, à la suivre des yeux, à la chercher, à m’enivrer de sa présence. Nous n’échangeons pas quatre paroles en une journée. Je sens bien que le bonheur serait auprès d’elle. Je ne puis pas y atteindre. Souvent je chasse tout un jour, mais j’emporte son souvenir avec moi. Jacob, qui m’accompagne, sourit quand je néglige de tirer un chevreuil qui part d’un taillis ou quelque coq de bruyère qui de ses grands coups d’aile fait retentir la voûte des bois. Hélas ! je ne pense qu’à Salomé, je ne vois que Salomé ! ”
