Résumé

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Salomé, Scènes de la Forêt-Noire

Ma vie s’écoule à regarder Salomé, à la suivre des yeux, à la chercher, à m’enivrer de sa présence. Nous n’échangeons pas quatre paroles en une journée. Je sens bien que le bonheur serait auprès d’elle. Je ne puis pas y atteindre. Souvent je chasse tout un jour, mais j’emporte son souvenir avec moi. Jacob, qui m’accompagne, sourit quand je néglige de tirer un chevreuil qui part d’un taillis ou quelque coq de bruyère qui de ses grands coups d’aile fait retentir la voûte des bois. Hélas ! je ne pense qu’à Salomé, je ne vois que Salomé !
Source : Wikisource

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Salomé, Scènes de la Forêt-Noire

M. de Faverges avait la gorge serrée. Il s’approcha de Jacob, et lui posant la main sur le bras : — Eh bien ! dit-il, avez-vous réfléchi ?... Dans une heure, il sera trop tard.
Jacob leva les yeux sur sa fille. La décomposition de ce visage adoré l’épouvanta. Que de larmes sous ces paupières rougies ! que d’angoisses dans le pli des lèvres ! quelle pâleur mortelle sur le front ! Elle n’était pas vaincue, mais quel désespoir dans sa soumission ! Le cœur du père en fut tout à coup amolli comme une cire que pénètre le feu. — Tu l’aimes donc bien ! dit-il à Salomé.
Source : Wikisource

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Salomé, Scènes de la Forêt-Noire

Le voyageur vida le verre d’un trait, en secoua les gouttes sur le gazon, et prit le pain. Salomé venait de se rasseoir auprès de Rodolphe. — Que Dieu t’assiste ! dit-elle en saluant l’étudiant de la main.
L’étudiant agita sa casquette. — Que Dieu bénisse ton union et t’accorde une fille qui te ressemble ! répondit-il. Et il passa.
Un flot de sang monta au visage de Salomé. Elle se leva d’un bond, et s’éloigna en courant. Rodolphe n’osa pas la suivre.
Il arrive souvent qu’un mot éclaire d’un jour vif des sentimens ensevelis dans les ténèbres du cœur.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature