Résumé

Paul de Molènes L’Asile, Caractères et Récits du Temps

En franchissant le seuil de sa porte, il aperçut au bout de son jardin Lucette qui se dirigeait vers lui. Dans sa démarche, dans son sourire, elle lui apportait un bonheur d’une espèce nouvelle et inattendue qui mit en une seconde tous les discours de Mme de Fernelles à néant. Quand elle l’eut rejoint, elle s’appuya sur son bras, et lui, l’homme aux grandes tristesses, il se sentit au cœur quelque chose de léger, de vif et de doux comme l’être gracieux qui marchait à ses côtés. La puissance de cette créature charmante, il l’ignorait encore; dans quelques instans, il allait l’éprouver.
Source : Wikisource

Paul de Molènes L’Asile, Caractères et Récits du Temps

Jacques, ma foi ! trouvait alors sa vie assez heureusement ordonnée. Quoiqu’il ne répondît pas à la tendresse de Lucette, cette tendresse le flattait, je dois le dire, puisqu’avant tout je veux la vérité dans ce récit : il trouvait que c’était une fleur agréablement éclose dans la solitude où une grande passion l’avait confiné. Parfois, le soir, Mesrour, assis sur un banc de gazon, entre deux femmes couronnées de beauté et de jeunesse, savourait l’heure présente en homme qui craint les trahisons de l’avenir et qui sait à quoi s’en tenir sur le passé.
Source : Wikisource

Paul de Molènes L’Asile, Caractères et Récits du Temps

Ce n’est pas du reste tout à coup que Mesrour a compris sa beauté, car le charme de la femme qu’on aime est un philtre qui ne se vide pas d’un seul trait; il pénètre peu à peu dans toutes les parties de votre être. Ce matin-là pourtant elle l’émut profondément, quoiqu’il trouvât un grand changement dans toute sa personne. Elle était aussi pâle que peut l’être une créature appartenant, comme elle, à l’espèce des roses, et son joli visage était chargé de toute la mélancolie qu’il pouvait supporter. Elle avait dans les yeux une tristesse d’enfant malade.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature