Paul de Molènes

Résumé

Paul de Molènes L’Écueil de Lovelace

Le terme d’une excursion, c’est quelque chose comme le mariage à la fin d’un roman, c’est-à-dire le dénoûment avec sa morne et impitoyable vulgarité. Herthal était d’un charmant effet dans mon esprit, derrière vingt villes à traverser ; à présent que le voilà, je lui trouve une sotte figure. J’étais né pour être nomade. Le désert est divin, parce qu’on ne s’y arrête nulle part. La vie humaine y glisse et s’y joue comme le soleil, de là ces songes que l’on nomme le mirage.
Cet accès intempestif de poésie prouvait que l’âme de Fleminges était troublée.
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Paul de Molènes L’Écueil de Lovelace

Le lendemain et tous les jours suivans, Fleminges ne fit pas une course sans passer devant la boutique de la belle pâtissière. La rue du Mail le conduisait partout. S’il était à cheval, sa monture s’associait si bien à ses desseins, qu’elle prenait d’elle-même à l’endroit voulu les allures d’un coursier arabe rentrant au douar ; s’il était à pied, il s’arrêtait et jetait à travers les vitres les œillades qu’il croyait de l’effet le plus sûr. Il vit avec joie que l’objet de sa flamme lisait quelquefois des romans, car tout roman, même vertueux, n’est qu’un suppôt de la passion.
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Paul de Molènes L’Écueil de Lovelace

Oui, chaque homme rencontre d’ordinaire une femme qui, séparée de lui par tout ce qui peut séparer deux créatures humaines en ce monde, froissant tous ses intérêts, choquant toutes ses vanités, l’attire au nom de ce qu’a de plus vif et de plus secret la grâce irrésistible de l’amour. Cette femme apparaît d’habitude à deux époques bien différentes de la vie : à l’âge où le cœur commence à s’ouvrir, — c’est alors une apparition rarement redoutable, — et à l’âge au contraire où il se ferme, lassé par la chaleur du jour, mais doucement troublé en même temps par les premiers souffles de la nuit.
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