Paul de Molènes

Résumé

Paul de Molènes Les Visions de la Tente

« J’aurais mieux aimé rester sous ma tente, je ne puis plus boire, je sais par cœur toutes les chansons que je serai forcé d’écouter; je déteste l’entrain de commande; » n’est-ce pas à peu près ce que chacun a entendu dire et a dit lui-même sur ce sujet? Puis il en est de ces sortes de fêtes comme du feu : quand vous y êtes, vous sentez peu à peu une transformation s’opérer en vous; les hôtes quinteux de votre âme s’humanisent, s’endorment, ou bien s’en vont je ne sais où; ce qui est gai, vivant, alerte, sociable, reste seul dans un asile qui se pare, s’illumine, se remplit d’accens joyeux.
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Paul de Molènes Les Visions de la Tente

Le baron d’Hectal, penché sur son front dans une attitude toute maternelle, lui tenait les mains et lui disait d’une voix entrecoupée quelques mots pleins de tendresse. Quand je parus sur le seuil de la tente, le mourant eut une expression de joie : — Ah ! fit-il, nul ne me manquera de ceux qui pouvaient ici m’adoucir un pareil moment... Après s’être plié avec une soumission reconnaissante aux exigences de notre religion, Renaud, qui, semblable à beaucoup de malades, avait, dans ces soins pour son âme, recouvré un peu de force corporelle, se mit à s’entretenir avec moi.
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Paul de Molènes Les Visions de la Tente

Sur deux jours, un seul appartient à peu près à la vie; l’autre, qui s’écoule dans les ravins, dans les tranchées, sous une pluie de feu, en face d’un ennemi que l’on ne voit pas, mais que l’on sent toujours, l’autre appartient vraiment à la mort. Eh bien! cependant, si parfois elle se voile un peu, notre gaieté. Dieu merci, cette gaieté qui est notre vertu, qui nous fait vivre, qui nous fera vaincre, n’est pas près encore de s’éclipser. Hier, dans sa rude et sérieuse existence, Renaud a eu quelques instans de plaisir qui m’ont fait goûter une joie singulière.
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