André Liesse

Résumé

André Liesse Revue des Deux Mondes

Il y a, dans la vie des hommes qui s’élèvent par la fortune, ou le talent, au-dessus de leurs contemporains, une part plus ou moins considérable de chance, et c’en fut une pour Laffitte de rencontrer un patron capable de le comprendre, et assez élevé d’esprit pour donner à son commis la place qu’il méritait. Tout en l’aidant, il servait ses propres intérêts. Il sentait aussi probablement qu’à une situation nouvelle il fallait des hommes nouveaux et, sans se désintéresser des opérations de sa banque, il laissa son associé assez libre de ses mouvemens.
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André Liesse Revue des Deux Mondes

Les capitalistes dirigeaient vers les banques, vers le crédit commercial beaucoup de fonds parce que les affaires s’accroissaient et qu’une sorte de renaissance économique se faisait sentir après d’aussi longues années de guerres et de crises. Le crédit de l’Etat, certes, s’était amélioré aussi, mais non pas au point qu’on pût rogner aux rentiers un plein cinquième de leurs revenus. On savait, du reste, quelle était l’arrière-pensée de Villèle. L’économie réalisée par la conversion n’était que le prélude d’une opération destinée à trouver le moyen de payer l’indemnité promise aux émigrés.
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V Laffitte, dans ce discours, avait fait remarquer qu’envisagé d’un point de vue particulier, l’emprunt présentait sur l’impôt l’avantage de n’obliger personne à se démunir. Le capitaliste, on offrant ses fonds à l’État, agit de bonne grâce, guidé par son intérêt, puisqu’il espère y trouver profit. Par l’impôt, au contraire, le contribuable se trouve forcé de verser à l’État des capitaux dont il aurait fait un emploi beaucoup plus productif s’il les eût gardés.
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