Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Oeuvres de André Theuriet : nouvelles (1884)

M. Beauvais est-il riche? — Oui, répondit l'abbé surpris, mais à quel propos? — Il est riche! Tant pis alors, dit Daniel, et il ajouta : Si Mlle Denise eût été pauvre comme moi, j'aurais essayé de lui plaire, et si elle m'avait aimé, je l'aurais demandée à son père. Nous nous serions établis métayers de vos Bruasseries, et c'eût été bien bon, cette vie à trois, vous entre nous deux!... Mais elle est riche, et il faut renverser mon château de cartes et songer à autre chose. — Songer à quoi? demanda l'abbé d'un air inquiet.— Mais à quitter les Templiers, et le plus tôt sera le mieux.
Source : Gallica

Portrait de André Theuriet André Theuriet Oeuvres de André Theuriet : nouvelles (1884)

Il partit, et l'abbé alla se promener avec Denise. Le soir, ils soupèrent en tête-à-tête, car Beauvais ne rentra que tard. Ainsi s'écoula la première journée.
Les jours, les semaines, les mois se succédèrent. En quittant Daniel, le cousin s'était cru condamné à sept années de tristesse ; il fut tout surpris de se sentir doucement heureux. Il était comme un homme assis à une fenêtre, devant laquelle passerait et repasserait lentement l'image du bonheur. Il était heureux, et il se sentait calmé. La vie de ferme allait à sa nature, faite de timidité et de nonchalante rêverie.
Source : Gallica

Portrait de André Theuriet André Theuriet Oeuvres de André Theuriet : nouvelles (1884)

Il s'éveilla en sursaut et vit son pupille qui pleurait. « Pourquoi pleures-tu, toi ? — Mon cousin, voulez-vous prendre cette potion ? — Merci, je suis calme, très calme... » Il rêva quelque temps, puis, comme un homme qui vient de prendre une énergique résolution : « Va chercher du papier et écris, » dit-il à Daniel. Il lui dicta une lettre par laquelle il apprenait à Beauvais son accident. Il ajoutait que, désormais impropre à dire la messe, il comptait, aussitôt après sa guérison, se rendre aux Templiers, et, si Beauvais le permettait, se dévouer à l'éducation de la chère orpheline.
Source : Gallica

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