Anonyme ; Jean-Baptiste Bertrand : Observations en fin de livre.

Résumé

Anonyme ; Jean-Baptiste Bertrand : Observations en fin de livre. Relation historique de la peste de Marseille en 1720 (1721)

Differentes pestes qui ont affligé Marseille.
DE toutes les calamités publiques la peste est constamment la plus cruelle & la plus terrible. La guerre & la famine ne présentent rien de si affreux, que ce que l’on voit dans une Ville affligée de ce malheur. On peut, par la soûmission & par l’obéissance, fléchir la colere d’un puissant ennemi, se dérober à sa fureur par la fuite, la repousser par une vigoureuse resistance. On peut arrêter la rapidité de ses conquêtes, par l’oposition d’une Place, que l’art d’accord avec la nature, auront mis en état de le lasser, par une longue défense.
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Anonyme ; Jean-Baptiste Bertrand : Observations en fin de livre. Relation historique de la peste de Marseille en 1720 (1721)

Si nous en ressentons donc aujourd’hui les plus funestes effets, si nous éprouvons combien il est terrible de tomber entre les mains d’un Dieu en courroux, si nous avons le malheur de servir d’exemple à nos voisins & à toutes les Nations, n’en cherchons point la cause hors de nous. Envelopés dans les ombres de la mort, voyons-en les aproches avec soumission, benissons la main qui nous frape, adorons sans murmure la rigueur & la justice de ses jugemens. Tout le secours qui nous peut venir de la part des hommes est vain & inutile : nous le sçavons.
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Anonyme ; Jean-Baptiste Bertrand : Observations en fin de livre. Relation historique de la peste de Marseille en 1720 (1721)

Ainsi ce calme, qui se soûtenoit depuis le mois d’Avril, malgré les communications les plus libres, malgré toutes les revolutions des saisons, fit regarder la contagion comme finie depuis ce tems-là. En effet le retour des maladies ordinaires dès le mois d’Avril, l’aparition de quelques autres dans lesquelles la peste a coutume de dégenerer en finissant, l’heureuse liberté avec laquelle on aprochoit les malades, qui ne paroissoient que de loin en loin, nous confirmerent non seulement la cessation de la peste, mais encore celle de toutes les suites.
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