Résumé

Bibliothèque nationale Helleu : [exposition], Paris, Bibliothèque nationale… (1957)

L'art d'Helleu est de l'heure présente, de l'instant qui fuit, c'est l'éclat momentané ; après deux ans, lui-même le dira, tout ce coquet et pimpant microcosme a perdu sa fleur ; les chapeaux, les manches à gigot, les peignes à girafe, sont redevenus vieux, vieux, caduques, odieux. M. Helleu aura ce destin, et lorsqu'il revivra, ce sera par le Cabinet des Estampes, où seront gardées intactes les merveilles que l'artiste finira bien par lui donner un jour ou l'autre.
Source : Gallica

Bibliothèque nationale Helleu : [exposition], Paris, Bibliothèque nationale… (1957)

Ajoutons aussi que Proust avait la même conception du charme féminin qu'Helleu ; dès le Banquet (vers 1893) il décrit la comtesse de Chevigné : « au théâtre, accoudée sur le bord de sa loge ; son bras ganté de blanc jaillit tout droit, avec la fierté d'une tige, jusqu'au menton appuyé sur les phalanges de la main. Son corps parfait enfle ses coutumières gazes blanches, comme des ailes déployées. On pense à un oiseau qui rêve sur une patte élégante et frêle. Il est charmant aussi, de voir son éventail de plumes palpiter près d'elle, et battre de son aile blanche».
Source : Gallica

Bibliothèque nationale Helleu : [exposition], Paris, Bibliothèque nationale… (1957)

Sa femme est son modèle préféré, même en dehors du salon blanc. La femme élégante qui, le buste incliné, la main posée sur une haute ombrelle, contemple au Louvre les « trois crayons » de Watteau — l'une des pointes-sèches les plus connues de l'artiste — c'est encore Mme Helleu qui portait, ce jour-là, une robe de chez Chéruit. D'autres modèles, toujours disponibles eux aussi, et dont l'artiste ne se lasse jamais, ce sont ses propres enfants. Combien de fois n'a-t-il pas surpris et fixé leurs attitudes gracieuses dans le cadre du salon blanc !
Source : Gallica

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