Bibliothèque nationale

Résumé

Bibliothèque nationale Jacques Copeau et le Vieux-Colombier… (1963)

Ne pas se laisser aller à croire, cependant, que l'esprit se puisse manifester sur la scène, qu'il y puisse révéler la pure configuration de ses chefs-d'oeuvre à moins d'épouser cette matière, car il le faut bien, pour qu'il la transfigure : voilà toute la question. C'est la question du métier au théâtre, d'une technique forte et légère, préméditée et libre, à la fois la plus accomplie et la plus épurée qui soit la plus savante et la plus vivante et qui, si parfaite qu'elle soit, demeure cependant toujours un peu en deçà de l'esprit dont elle est la servante.
Source : Gallica

Bibliothèque nationale Jacques Copeau et le Vieux-Colombier… (1963)

Ils pensent à de bas artifices, à de grossiers truquages qui n'ont rien à voir avec le théâtre vivant. Ce que nous appelons convention est une haute création de l'esprit, un fruit de la culture, l'une des sources éternelles du style. C'est ce qui donne au comique de Molière sa force et son élévation, au tragique racinien sa pureté ; c'est le choeur antique et la structure du Nô Japonais ; c'est la scène de Shakespeare délivrée de l'esclavage du temps et de l'espace et sur laquelle l'intensité du drame le dispute à la grandeur de l'épopée.
Source : Gallica

Bibliothèque nationale Jacques Copeau et le Vieux-Colombier… (1963)

La scène libre au gré des fictions, disait Mallarmé. Cette liberté postule une technique toute dominée par l'esprit. Et elle la postule dans un art qui est le plus matériel de tous, le plus encombré, le moins libre en apparence, celui qui réclame le plus de préparation pour être admis, le plus de mains pour être soulevé., un art qui n'en a jamais fini avec l'opacité, depuis celle de la planche sur laquelle il prend pied, depuis celle de l'homme avec son corps, de l'oripeau dont il se revêt, jusqu'à la toile, au carton, à la machine.
Source : Gallica

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