Résumé

C. Bellaigue Revue des Deux Mondes

Vous y verrez comment, — avec quelle sagesse, et j’allais dire quel bon sens, — le P. Gratry se félicite que l’Église ait pris et résolu cette grande et universelle question, métaphysique et morale à la fois, « du côté le plus pratique, le plus touchant, le plus utile au genre humain. »
La raison ! Le P. Gratry a protesté toute sa vie, et par toute son œuvre, de son respect et de son amour pour elle. Avec une mélancolie pénétrante, il répétait sans cesse le mot de Fénelon : « Nous manquons encore plus sur la terre de raison que de religion. »
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C. Bellaigue Revue des Deux Mondes

Rien ne porte aussi puissamment au vrai repos que la musique véritable. Le rythme musical régularise en nous le mouvement et opère, pour l’esprit et le cœur, même pour le corps, ce qu’opère pour le corps le sommeil, qui rétablit dans sa plénitude et son calme le rythme des battemens du cœur, de la circulation du sang et des soulèvemens de la poitrine. La vraie musique est sœur de la prière comme de la poésie. Son influence recueille et, en ramenant vers la source, rend aussitôt à l’âme la sève des sentimens, des lumières, des élans.
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C. Bellaigue Revue des Deux Mondes

Il ne s’appuie à rien et ne s’enfonce nulle part. Sa musique est une fleur brillante et sans racines. Peut-être en est- elle plus originale, avec plus de fragilité. S’il fallait absolument trouver à Massenet, parmi les maîtres, non pas encore une fois des parens, mais des parrains, c’est à Schumann et à Chopin que l’on finirait, — quelquefois, — par songer. Le musicien des Nocturnes n’eût pas désavoué la méditation de Thaïs avec sa grâce nerveuse, avec l’élégance contournée de ses lignes et les groupes de notes qui lui servent çà et là de voile ou de parure.
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