Résumé

Raymond Bouyer Obermann précurseur et musicien… (1907)

Obermann n'y voit que le néant ; mais, bon gré, mal gré, son âme inquiète anime la nature : voilà pourquoi ce rêveur est un si grand paysagiste — et pourquoi le peintremélomane Eugène Delacroix, qui détestait d'instinct la gent moutonnière des paysagistes, a fait d'OBERMANN son livre de chevet. Le secret se devine. L'affinité se dévoile. Et les meilleurs paysages ne sont-ils pas l'oeuvre des peintres d'histoire ou des penseurs? Un beau paysage n'est pas seulement le fruit de la collaboration fortuite d'un regard avec un point de vue, mais un dialogue surnaturel entre la nature et son hôte.
Source : Gallica

Raymond Bouyer Obermann précurseur et musicien… (1907)

Entre l'âme écouteuse et l'inanimé qui se ranime, de nouveaux rapports s'imposent au génie modestement visionnaire et musical : sensibilité, nature, musique en sont les trois termes. Rapports déjà mystérieux dans l'incohérence pittoresque des songes, si peu différents de l'état de veille! Et l'homme éveillé n'éprouve-t-il pas lui-même un besoin de rêve? Qui dit romantisme, dit musique ; qui dit musique, dit mystère : harmonie neuve et sauvage comme les sites qui l'ont réveillée dans l'être, un nouveau langage, un idéal nouveau conduit notre Obermann au seuil profond du mystère.
Source : Gallica

Raymond Bouyer Obermann précurseur et musicien… (1907)

A la nature éblouissante ou paisible, au paysage qui repose nos coeurs en charmant nos yeux, Obermann reproche maintenant de ne plus contenir « la vie de l'âme » qu'il y cherchait : mais n'est-ce pas une querelle d'amoureux qu'il fait à la nature, et ce grief nouveau ne prouve-t-il point qu'un tel artiste est né trop profond pour se contenter jamais de la beauté physique qu'il ne cesse pas un instant d'apercevoir et d'apprécier ?
Au pittoresque des choses, à la beauté des êtres, il demande la forme expressive, et jamais la seule joie des yeux.
Source : Gallica

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