Résumé

Ch. Magnin Revue des Deux Mondes

L’imagination est l’avant courrière de la raison. Elle la devance en éclaireur. C’est la colonne demi-lumineuse et demi-obscure qui nous conduit dans le désert. Par une sorte d’instinct divinatoire, que la philosophie n’a pas assez étudié, l’imagination saisit des rapports trop fins pour être perçus par d’autres qu’elle. La poésie jette à pleines mains dans le monde des vérités anticipées, dont la science n’a plus, par la suite, qu’à trouver la démonstration. Quand rien n’était science, tout était mystère, obscurité, poésie.
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Ch. Magnin Revue des Deux Mondes

Ce qui nous émeut poétiquement, ce n’est pas la sensation directe, c’est une sensation occasionelle, oblique, en quelque sorte, engendrée par de secrètes affinités que notre imagination découvre. Vous êtes assis au bord de la mer : est-ce aux flots blanchissans, est-ce aux oiseaux de mer que vous pensez là pendant des heures ? Non ; vous songez probablement aux premiers jours de votre jeunesse, à vos années écoulées, à l’incertitude de l’avenir, à Dieu peut-être, ou aux hommes. Il en est de même de l’impression causée par une œuvre d’art.
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Ch. Magnin Revue des Deux Mondes

VOIX DANS L’UNIVERS. Non pas nous...
RACHEL. Moi ! Je le suivrai, mon cœur n’est pas lassé.
LE CHRIST. Cette voix t’a sauvé, Ahasvérus. Je te bénis le pélerin des mondes à venir. Rends-moi le faix des douleurs de la terre. Que ton pied soit léger ; les cieux te béniront, si la terre t’a maudit... tu fraieras le chemin à l’univers qui te suit. L’ange qui t’accompagne ne te quittera pas. Si tu es fatigué, tu t’assiéras sur mes nuages. Va-t-en de vie en vie, de monde en monde, d’une cité divine à une autre cité
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