Résumé

Douville Revue des Deux Mondes

J’étais enchanté de la bonne mine de mes nouveaux porteurs. Grands, robustes, agiles, courageux, l’œil fier et le regard intrépide, ils auraient inspiré de la confiance au voyageur le plus timide. Quelques peaux autour de leurs reins, la giberne devant l’estomac, la massue et la hache ou l’arc à la main, le fusil sur l’épaule, ils avaient réellement l’air martial. Avec de tels hommes j’augurai favorablement de mon entreprise. Voyant l’empressement de tout mon monde pour continuer le voyage, j’annonçai ma détermination au soba.
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Cette vie si courte est cependant oisive et paresseuse : le far niente est le plus délicieux des passe-temps ; filer ou tisser quelques pagnes, c’est tout ce que peut leur nonchalance, et c’est à leurs femmes qu’ils abandonnent les travaux pénibles et le soin de pourvoir aux besoins communs. La polygamie est d’usage chez eux ; elle est même obligatoire pour les chefs, et certains princes sont tenus par les lois d’entretenir un nombre de femmes considérable ; tel est Mucangama, qui en doit avoir sept cents au moins, et Cassange, qui n’en peut avoir moins de huit cents.
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L’habitude a rendu ce peuple tellement habile à connaître les différentes heures du jour, qu’une montre très bien réglée n’indique pas mieux et plus sûrement qu’il ne fait la marche du temps. La hauteur du soleil, la direction et la longueur de l’ombre des plantes pendant le jour, la place des étoiles pendant la nuit, sont ses guides. Ces nègres regardent la lune comme l’emblème de la vie de l’homme.
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