Edmond Chamaillard

Résumé

Edmond Chamaillard Petite campagne politique (1872)

Il est un homme qui a joui — sous l'Empire — d'une réputation immense; tous ses actes, tous ses discours excitaient presque partout la surprise ou l'admiration. On disait même que son opposition au gouvernement d'alors, car il était le chef de la gauche, s'élevait jusqu'à l'impersonnalité — tout comme celle de M. Thiers ; il semblait qu'il n'existât à ses yeux ni intérêts de parti, ni intérêts personnels: l'amour de la France ne pouvait donc que vivre seul au fond de ce pur et noble coeur, lui seul aussi en devait faire vibrer les fibres si profondes de la pitié ou du courage.
Source : Gallica

Edmond Chamaillard Petite campagne politique (1872)

Le but auquel doit tendre l'exercice de tous les droits politiques, c'est l'intérêt général, le bien de tous : or, s'il est un droit politique dont l'exercice doive tendre toujours et nécessairement à l'intérêt de la société civile tout entière, n'est-ce pas le droit de choisir la forme du gouvernement? Eh bien ! je vous le demande, l'exercice de ce droit par l'Assemblée nationale n'aurait-il pas pour résultat certain, sinon pour but, de favoriser un parti, le parti le plus fort ou le plus habile, et de viser à son seul intérêt et à son seul bien ?
Source : Gallica

Edmond Chamaillard Petite campagne politique (1872)

Prenons garde : c'est presque la décadence. Souvenons-nous bien que le signe infaillible par lequel on juge qu'un peuple tombe, c'est le relâchement dans sa morale, la mollesse dans sa conscience. Il faut croire que nos pas soient rapides dans cette voie-là, pour que M. de Bismarck lui-même — ô cruelle injure ! — ait pu se croire autorisé à dire publiquement que le sentiment du droit et du juste est éteint en France.
Non, non, il n'est pas encore éteint, Dieu merci ! il vacille tout au plus... et s'il vacille, c'est grâce surtout à ce bon gouvernement provisoire qui a nom Thiers.
Source : Gallica

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