Résumé

Edmond Collignon L'armée de Sedan aux environs de Reims… (1888)

J'avais grandi, et l'âge avait fait de moi un homme.
Je. parcourus les plaines, gravis les monts, abordai les bois, — témoins muets de la lutte où avait succombé sous le nombre l'armée alerte et vaillante, qu'enfant, j'avais vu passer au pays de ma naissance.
J'allai de Givonne à Bellevue, de Bazeilles à Saint-Menges, et partout, sur mes pas, se dressaient des croix, des pierres funéraires indiquant que ces soldats, aperçus dans la précipitation du défilé ou observés dans le calme du foyer paternel, reposaient là, confondus et silencieux, voués à l'anéantissement des années.
Source : Gallica

Edmond Collignon L'armée de Sedan aux environs de Reims… (1888)

Les pauvres bêtes, qui n'ont rien mangé ni rien bu depuis la veille, refusent d'avancer davantage. Beaucoup s'affaissent sous le poids de leur cavalier.
De là, des arrêts subits, des chocs, des plaintes, des cris, des gémissements, mêlés au bruit sourd des essieux et des batteries rebondissant sur le pavé.
Des remous dangereux se produisent dans la marche de cette armée confuse, qui se répand, s'élargit dans les plaines avoisinantes, et forme un immense camp dont les feux, le soir, embrasent leciel, ainsi qu'une aurore boréale.
Source : Gallica

Edmond Collignon L'armée de Sedan aux environs de Reims… (1888)

On allait aussi à Courcelles pour y voir l'Empereur; mais il ne sortait guère de ses appartements. L'accueil fait à Sa Majesté à son entrée à Reims ne l'encourageait pas, paraît-il, à se produire.
Revirement des choses humaines!
Comme nous étions loin des ovations du camp de Châlons, où l'on faisait parader, sous le beau soleil d'août, notre armée qu'un ennemi séculaire, constamment en éveil et voué depuis de longues années à une organisation froide et méthodique, s'apprêtait à pulvériser.
Source : Gallica

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