Edmond Collignon, L'armée de Sedan aux environs de Reims… (1888)
“ J'avais grandi, et l'âge avait fait de moi un homme. Je. parcourus les plaines, gravis les monts, abordai les bois, — témoins muets de la lutte où avait succombé sous le nombre l'armée alerte et vaillante, qu'enfant, j'avais vu passer au pays de ma naissance. J'allai de Givonne à Bellevue, de Bazeilles à Saint-Menges, et partout, sur mes pas, se dressaient des croix, des pierres funéraires indiquant que ces soldats, aperçus dans la précipitation du défilé ou observés dans le calme du foyer paternel, reposaient là, confondus et silencieux, voués à l'anéantissement des années. ”
