Résumé

Eugène Muller Récits enfantins, par Eugène Muller (1861)

« Me voilà ! fit-il d'une voix qui ne sortait de sa bouche que mêlée à des bouffées de flammes.
— As-tu soif? demanda la fée.
— Toujours! toujours! tu le sais bien, repartit Satan, qui tira longuement sa langue fumante et desséchée ; d'ailleurs je n'ai pas bu depuis hier.
— J'étais occupée sur la terre, dit Lugine.
— Oui, fit Lucifer, tu vas parfois te promener ainsi pendant que j'endure ; mais un jour je me vengerai de ton ingratitude, de tes manques de mémoire, sache-le bien, oublieuse.
— Voyons, reprit la fée, ne te fâche pas : tu vas boire. »
Source : Gallica

Eugène Muller Récits enfantins, par Eugène Muller (1861)

Alors le roi, la reine et les princesses se prirent à pleurer; car il leur sembla vraiment entendre chanter, lui-même, le prince mort.
Le seigneur dit-encore :
« Sire, mon roi, ce n'est point par sa science que le berger fait chanter la flûte de cette façon : il n'y a qu'à souffler dedans.
Le roi dit :
« Donnez-la-moi donc pour que j'y souffle et entende encore la voix de mon enfant bien-aimé. »
Et le roi prit la flûte, et y souffla; et alors la flûte chanta :
Père, tiens-moi bien, Avec ta main si bonne; C'est mon frère qui m'a tué, Sous le grand chêne, au bois d'Abel.
Source : Gallica

Eugène Muller Récits enfantins, par Eugène Muller (1861)

Au milieu de la salle se tenait Zilméa, la future de Georget, vêtue d'une robe de gaze plus blanche que les lis et plus ténue que les ailes des moucherons.
La fée dit à l'âme de Georget, qui voltigeait toujours :
« Ame dégagée du corps périssable, viens vivre parmi nous. Tu t'appelleras Tulmifédor, ce qui veut dire en la langue des fées : choisi par la plus belle ; et tu seras uni à ma fille appelée Zilméa, ce qui veut' dire en la langue des fées : l'enfant adorée.—Viens! »
L'âme s'approcha de Lugine, qui la toucha de sa baguette.
Source : Gallica

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