Eugène Pelletan

Eugène Pelletan

Résumé

Portrait de Eugène Pelletan Eugène Pelletan Revue des Deux Mondes

Le socialisme représente une vérité et une erreur, une vérité de cœur, une erreur de système. Une vérité de cœur n’en est pas moins vraie, bien que Proudhon la traite de mysticisme. Or le cœur dit de toute éternité qu’il faut aimer le peuple, qu’il faut l’aimer parce qu’il souffre et en raison de ce qu’il souffre, qu’il faut le racheter de sa double misère du corps et de l’esprit, qu’il faut l’élever en bien-être et en savoir, car le monde ne saurait être un certificat du manichéisme, le paradis d’un côté, l’enfer de l’autre
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Portrait de Eugène Pelletan Eugène Pelletan Revue des Deux Mondes

Proudhon n’aimait pas à aimer, il aimait plutôt à haïr ou du moins à blesser. Notre siècle aura eu peut-être sa part de génie ; il a pensé quelquefois, agi à l’occasion, inventé souvent, sans vouloir faire tort à Proudhon, et pourtant en face de ce siècle inspiré Proudhon n’a jamais eu un oubli de lui-même, un mot de cœur pour quoi que ce soit, pour qui que ce soit, même dans son courant d’opinion. En vrai paysan qu’il est, ce qu’il déteste le plus, c’est son voisin. Un homme a rendu service à la cause commune, il aurait le droit de compter sur une marque de sympathie.
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Il frappe l’ennemi, il frappe l’ami, l’ami de préférence à l’ennemi, et à chaque coup qu’il porte à la démocratie, la démocratie frotte sa blessure et répond : Bien touché ! — Victor Hugo avait raison et il avait tort, sans vouloir le contredire. Proudhon portait bien en effet un sort sur sa poitrine, mais ce n’était que son tempérament, plus tempérament chez lui que chez personne. On est ce qu’on est ; Proudhon n’est pas plus l’homme d’une opinion que d’une autre ; il est Proudhon, et encore ne l’est-il pas toujours.
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