F. Vérax

Résumé

F. Vérax Guignol philosophe (1877)

GNAFRON. — Comment pouvez-vous dire que la religion soit une passion. Je croyais que c'était une bonne chose.
GUIGNOL. — Oui, mon ami, la religion est une passion, mais une bonne, une excellente passion. Une passion n'est autre chose qu'un besoin vivement senti, qu'un attrait invincible qui nous porte vers un objet pour faire de notre vie la sienne et de la sienne la nôtre: or, tel est le penchant de l'humanité vers Dieu. Parcours l'histoire des peuples anciens et dis-moi si tu trouveras une seule nation sans croyances, sans culte, sans sacrifices, sans religion.
Source : Gallica

F. Vérax Guignol philosophe (1877)

GNAFRON. — Ceci, maître, est incontestable. La plupart de nos souffrances ne viennent en général que de nos passions déréglées.
GUIGNOL. — La mauvaise presse détruit tout rayon de vérité dans l'intelligence, toute espérance dans le coeur. Pour le libre penseur la vie est un problème insoluble : il ne sait ni d'où il vient, ni où il va, ni la raison de sa destinée ici-bas. Semblable à un vaisseau dématé, sans voiles et sans boussole, il erre au gré de tous les vents. Pour lui il n'y a pas d'étoiles au ciel, de phare à l'horizon, de port au bout de la traversée.
Source : Gallica

F. Vérax Guignol philosophe (1877)

La religion ne craint que l'ignorance; comme le dit l'illustre philosophe Bacon : « Peu de philosophie nous détourne de la religion et beaucoup de philosophie nous y ramène. »
GNAFRON. — On voit cependant, maître, des gens très-savants, et en même temps incrédules.
GUIGNOL. — L'incrédulité ne naît point seulement de l'ignorance, mais encore des mauvaises dispositions du coeur. Les savants, pour être savants, ne sont point exempts des passions qui désolent l'âme des autres hommes, et c'est des passions que s'élèvent pour l'ordinaire, les vapeurs qui obscurcissent la vérité religieuse.
Source : Gallica

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