Fernand de Jupilles

Résumé

Fernand de Jupilles Échos de ma forêt : chansons (1902)

CYCLONE EN FORÊT
A M. d'Estournelles de Constant,
Député de la Sarthe.
Par l'un des souriants dimanches Où l'on respire le printemps, Où les gais oiseaux concertants Gazouillent, volant par les branches, Tout à coup, enflammant les airs, Voici la foudre et les éclairs Sans arrêt sillonnant l'espace : C'est le noir cyclone qui passe !
On croit sentir trembler la terre Et le vent souffle en tourbillon, Traçant un effrayant sillon. Semblant vomis par un cratère, Les plus gros chênes, les aînés, Volent dans l'air, déracinés ; La tempête à rien ne fait grâce : C'est le noir cyclone qui passe !
Source : Gallica

Fernand de Jupilles Échos de ma forêt : chansons (1902)

Aimer est un verbe que l'homme Toujours conjugue avec bonheur; Ne résume-t-il pas, en somme, Le plus beau sentiment du coeur? Le plaisir du père est extrême Dès que, joyeux et triomphant, Son aimable petit enfant Peut lui dire : « Papa, je t'aime ! »
La blonde et chaste jeune fille Et l'amant qui lui fait la cour S'abritent sous une charmille Pour unir leurs rêves d'amour; Et pour eux le bonheur suprême, Dans ces doux moments d'abandon, Est d'échanger à demi-ton Cet aveu si tendre : « Je t'aime ! »
Source : Gallica

Fernand de Jupilles Échos de ma forêt : chansons (1902)

Avec des propos outrageants Un riche, en fête, Souvent maltraite Les pauvres gens.
Si le pauvre n'a, pour son terme, Pas tout l'argent qu'il lui faudrait, Jamais le riche n'est refait : Il fait saisir d'une main ferme. Les bons huissiers sont diligents Et de la place, Sur l'heure on chasse Les pauvres gens !
Plaignons la race convoiteuse Qui vit de vent comme les loups ; Faisant le bien autour de nous, Cherchons la pauvreté honteuse. Pensons en nos coeurs indulgents Qu'à la torture Sont en pâture Les pauvres gens.
Source : Gallica

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