Résumé

Maxime Guffroy Souvenirs de Crimée & du camp de Châlons… (1858)

Il me souvient des jours de mon enfance, Quand mon vieux oncle, à la tremblante voix, Du Conquérant m'apprenait la vaillance, Et me berçait au bruit de ses exploits.
Sa faible main pressant avec ivresse La croix d'honneur, il murmurait un nom
Pour un soldat quelle heureuse vieillesse!
Voilà pourquoi j'aime Napoléon.
Un jour fameux, sept millions de suffrages Ont sur le trône élevé l'Empereur.
L'Élu du peuple à ses lois justes, sages, De tout Français a rallié le cœur.
Il est prudent : marque du vrai génie; Il est pour tous compatissant et bon ; Pour sa compagne il choisit Eugénie !
Source : Gallica

Maxime Guffroy Souvenirs de Crimée & du camp de Châlons… (1858)

La mort éteint les yeux des héros intrépides ; La pâleur du tojnbeau couvre leurs fronts livides.
Les vaincus, écrasés sous les pieds des vainqueurs Par d'affreux hurlements exhalent leurs fureurs.
Du Russe qui s'enfuit j'entends sauter les mines ; La Cité n'offre plus qu'un amas de ruines.
Navires et palais, tout s'écroule en débris.
L'Europe a triomphé. Sébastopol est pris !
Pour en arriver là que de travaux, de peine !
Le Français, en grinçant, a dû mordre sa chaîne; Au fond de la tranchée, impatient d'ardeur, Il a dû d'un long siége accuser la lenteur.
Source : Gallica

Maxime Guffroy Souvenirs de Crimée & du camp de Châlons… (1858)

Le front gai, le cœur libre, il méprise la mort.
Qu'il est beau de le voir ouvrir une tranchée, Le corps courbé, la tête avec effort penchée, Sous la grêle de feu qui pleut de toutes parts, Remplir les gabions dont il fait des remparts ; Derrière cet abri, bien chétive muraille, D'un ris provocateur saluer la mitraille, De la bombe en chemin suivre la courbe en l'air, Et la voir éclater à ses pieds, l'œil si fier, Que l'on pourrait douter si le fer et la flamme Sont plus durs que ce corps, mieux trempés que cette âme !
Source : Gallica

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