Résumé

Histoire véritable de Jeanne de S.-Remi… (1786)

Quant à Marianne, la Marquise la fit parer des habits d'une des demoiselles ses filles : elle lui procura tous les divertissemens qu'elle s'imaginoit pouvoir la flatter. La jeune personne y prit goût: bientôt la vanité et la coquetterie s'emparèrent de son ame ; bientôt elle perdit de vue son fidèle Colas : pas un mot tendre à Durand peur lui ; pas le plus léger souvenir : elle vit même partir son parrain avec une espèce de fermeté et d'indifférence à laquelle le pauvre homme fut sensible, et qui commençoit à tenir de l'ingratitude.
Source : Gallica

Histoire véritable de Jeanne de S.-Remi… (1786)

Si vous aimez sincèrement ma filleule , comme je n'en doute point, répliqua-t-il à Colas, vous devez préférer sa fortune à votre bonheur, l'engager vous-même à remplir son devoir, et à obéir, sans murmurer, aux ordres de la Marquise. II est sans doute désagréable pour vous de perdre l'espoir d'obtenir sa main ; mais lorsque je consens à ce qu'elle me quitte , ne devez - vous pas m'imiter dans le sacrifice que je fais , et qui coûte si cher à mon coeur ? Marianne ne pouvant plus unir son sort au vôtre , vous conservera toujours son amitié.
Source : Gallica

Histoire véritable de Jeanne de S.-Remi… (1786)

Peindre la surprise du jeune homme, les divers mouvemens qui s'élevoìent tour à tour dans son ame, c'est ce qu'il seroit impossible de rendre avec énergie : il est des situations qu'il est plus facile de sentir que d'exprimer ; il étoit aux pieds du Marquis, la bouche collée sur ses mains ; il les baisoit, et les arrosoit des larmes de la joie et de la reconncissance ; il vouloit balbutier quelques mots de remerciemens ; mais le sentiment ne lui laissoit que le langage des yeux, et les transports d'un coeur extrêmement sensible aux bontés de son généreux protecteur.
Source : Gallica

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