Résumé

J.-E. de Camille Lettre au roi de Prusse Guillaume Ier… (1871)

Non, Sire, j'en ai l'intime conviction, et Votre Majesté, et ce fils qui lui est si cher à tant de titres, vous avez l'âme trop noble, trop haute, trop magnanime, trop ambitieuse, pour vous contenter de ce royaume, de cet empire, insuffisants pour combler vos vastes désirs ; vous aspirez plus haut avec raison, et le royaume éternel, immuable, auquel vous prétendez l'un et l'autre, peut seul combler vos voeux et vos espérances. On étouffe ici-bas et l'on sent à chaque instant qu'on n'est que dans un lieu d'exil et d'épreuves, où l'on enfante laborieusement son immortalité future.
Source : Gallica

J.-E. de Camille Lettre au roi de Prusse Guillaume Ier… (1871)

Il dépend de vous, Sire, et de vous aussi, Prince, de resserrer les noeuds d'une indissoluble alliance entre nos deux peuples. Si la nation française subit en ce moment les dures lois de la guerre, soyez certain qu'elle ne se résignera jamais à son abaissement, à sa déchéance, et que, tel que l'aigle captif, clans un étroit espace, qui déploie sans cesse ses ailes comme pour prendre son essor vers les sommets élevés des montagnes, ainsi les Français, assujétis, feraient de continuels et douloureux efforts pour échapper au joug pesant, insupportable du vainqueur.
Source : Gallica

J.-E. de Camille Lettre au roi de Prusse Guillaume Ier… (1871)

Croyez-le bien, Sire, si les conditions de la paix ne sont pas honorables, nous conserverons toujours, clans notre coeur, un levain de haine, de rancune, qui fermentera de plus en plus, et un génie invisible viendrait murmurer à nos oreilles, à tout moment du jour, et même quelquefois pendant notre sommeil : Souvenez-vous des Prussiens, et de l'injustice, des vexations qu'ils ont prodiguées à vos compatriotes !
Source : Gallica

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