“ Hélas ! un jour l’étranger envahisseur avait mis sa main avide sur un des plus beaux morceaux de ces terres, il avait dressé dessus son château-fort. Et la Nouvelle-France s’était vue rétrécie, plus petite, plus accessible, mais encore très grande par l’étendue de son territoire ! Ah ! oui, comme Hindelang se rappelait merveilleusement bien la leçon d’histoire de M. Duvernay et de M. Rochon ! Ah ! oui, ce Canada qui, de loin, lui semblait si mystérieux, c’était cette Nouvelle-France dont l’épopée sanglante, douloureuse, sublime, l’avait tant ému ! ”
Jean Féron
Résumé
Jean Féron's Le patriote dépeint les enjeux de la résistance canadienne-française à travers le parcours de Charles Hindelang, un soldat patriote confronté aux luttes identitaires et politiques de son époque. L'œuvre, imprégnée d'histoire et de révolte, explore les tensions entre les communautés, la détention symbolique et physique, ainsi que le lien avec la France, à travers des personnages comme Élisabeth, M.
Duvernay ou le chevalier. Les citations soulignent un combat pour la dignité nationale, le défi à l'occupant britannique, et la mémoire partagée des luttes passées, ancrant le roman dans un contexte historique marqué par la rébellion de 1837.
Citations de Le patriote (Jean Féron)
“ Hindelang, comme enragé, la pousse vers la grille. — Va-t’en ! râle-t-il. Ce n’est pas ma faute, ce sont nos ennemis qui font ton malheur et le mien ! Va-t’en ! ne vois-tu pas que tu me fais pleurer ? Je ne veux pas qu’on voie un soldat pleurer ! Car je suis un soldat et non un malfaiteur ! rugit-il. Élisabeth, toute stupéfiée qu’elle est, comprend que la souffrance d’Hindelang le rend fou. Alors elle veut chasser cette folie, elle entoure le cou d’Hindelang de ses deux bras, elle baise avec ardeur ses paupières brûlantes et humides. Le jeune homme essaye de la repousser encore. ”
“ Quelle démence de la part de ceux qui clament encore : Race sans vigueur, sans moral, sans âme ! Qu’ils retournent à ces jours glorieux où une poignée de paysans ont fait trembler tout un empire ! C’était à Saint-Denis ! — Qu’ils se souviennent qu’en 1837 un homme a fait pâlir d’effroi le général Colborne ! C’était Jean-Olivier Chénier ! — Qu’ils se rappellent encore ce jeune homme de France qui, sans arme, avec dix braves de cette race sans vigueur, de cette race déchue, a tenu dans sa main, durant une heure, la destinée du grand Dominion canadien ! C’était Charles Hindelang ! ”
