Jeanne Marais,
Pour la bagatelle
“ Elle était sans rancune et sans fierté : l’amour chasse l’amour-propre. Elle ne comprenait pas et n’essayait pas de comprendre cet étrange sentiment, engourdie par un chagrin irrésistible. Et, tout à coup, laissant choir ses gants, son sac et sa dignité, Camille s’écroula sur un sopha et se mit à sangloter, le visage dans ses mains, éperdue de désespoir, de honte et de tendresse. Romain, ébahi, bouleversé, ému comme tout homme à la vue des larmes, s’empressa, s’écria : — Qu’avez-vous, dites ?... Qu’avez-vous ? Camille balbutia naïvement : — J’ai... J’ai que je crois... que je vous aime ! ”
