Adolphe Belot,
Mélinite
(1888)
“ Un des cheveux de madame la duchesse me gênait, dépassait toujours les autres, et, n'ayant pas de ciseaux sous la main, je l'ai coupé avec mes dents. En même temps, elle s'était relevée et elle me montrait, au milieu de ses dents pointues, de ses lèvres entr'ouvertes, un bout de cheveu blond. A demi souriante, à moitié sérieuse, je lui dis : — La prochaine fois, servez-vous de ciseaux. Vous useriez trop vite vos dents à ce métier-là. — Oh ! non ! répliqua-t-elle. Les cheveux de madame sont tellement fins. Jamais je n'en ai vu de si beaux, d'une si jolie nuance. ”
