Résumé

Jerome ou Le jeune prélat (1829)

Notre langue seule s'entendait de tous les côtés ; Saint-Pierre brillait dans le lointain. — Ah ! me dit Jérôme en me serrant la main au milieu de l'obscurité, tant d'objets vous plaisent et vous distraient; vous oubliez l'amour et ses souffrances. Pour moi, je n'ai jamais tant aimé. Quel temps nous réunira ? Faudra-t-il passer la vie dans cette gêne ? C'est un supplice qui épouvante mon imagination. — Sa douleur émut mon âme, et pourtant le bonheur se mêlait à mon impression. Le lendemain, cette douleur avait disparu ; je le vis plein de joie et de tendresse.
Source : Gallica

Jerome ou Le jeune prélat (1829)

Je suis un homme voué à mille impressions diverses. — Respectez cette sensibilité , lui dis-je, votre talent est né d'elle. — Ai-je même le droit de vous parler? continua-t-il. Me laisse-t-on une consolation si douce ? L'amitié pour une femme m'est-elle permise? Je sers un Dieu jaloux qui m'interdit tout autre culte; Dieu terrible, qui foudroie le mortel qui résiste. N'aurais-je pas dû lui demander de me délivrer de mon humeur avant que je vinsse vous parler? —
On se rendit au souper; Jérôme vint à table se placer derrière ma chaise ; il me servit comme un homme accoutumé à de pareils soins.
Source : Gallica

Jerome ou Le jeune prélat (1829)

Rien dans sa position ne suffisait pour combattre une passion comme la nôtre, s'il était un homme ferme; mais tout, dans cette position, la combattait s'il ne l'était pas. C'est ainsi que les plus forts motifs même n'ont qu'une valeur relative.
En même temps que sa faiblesse produisait cette considération, elle m'ôtait cet enchantement et cette pleine confiance de l'amour, qui avait causé mon premier entraînement; elle seule, et non pas mon courage, me donnait le moyen de soutenir ce dessein ; il m'eût tuée si j'avais toujours cru Jérôme tel qu'il m'avait paru d'abord, mais tout était changé.
Source : Gallica

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