Jules Vidal, Un coeur fêlé (1885)
“ Il alla droit rue de l'Agau. Il y revenait, instinctivement, glissait sur le pavé humide. Le ciel reflétait dans l'eau des plaques de moire violette. Un homme passa, la tête basse ; il se dirigeait vers la maison de Mourgues ; lorsqu'il poussa la porte de la cour, une main se posa sur son bras. Il eut un recul d'effroi, s'écria ensuite un peu étonné : — Ah ! c'est vous ? — Oui, dit Antonin. Ils demeurèrent en face l'un de l'autre, immobiles et muets. Le tonnelier avait agi d'un mouvement spontané ; pourtant il ne voulait pas s'éloigner et il n'osait avancer. ”
