Jules Vidal

Résumé

Jules Vidal Un coeur fêlé (1885)

Il alla droit rue de l'Agau. Il y revenait, instinctivement, glissait sur le pavé humide. Le ciel reflétait dans l'eau des plaques de moire violette.
Un homme passa, la tête basse ; il se dirigeait vers la maison de Mourgues ; lorsqu'il poussa la porte de la cour, une main se posa sur son bras. Il eut un recul d'effroi, s'écria ensuite un peu étonné :
— Ah ! c'est vous ?
— Oui, dit Antonin.
Ils demeurèrent en face l'un de l'autre, immobiles et muets.
Le tonnelier avait agi d'un mouvement spontané ; pourtant il ne voulait pas s'éloigner et il n'osait avancer.
Source : Gallica

Jules Vidal Un coeur fêlé (1885)

Un matin, il prit Nicette dans ses bras, la descendit, la porta sous la treille, dans un bon fauteuil, au soleil, un soleil tiède de février. — Les poules l'entouraient, le chat maigre et brûlé se frôlait à ses jupes. Pibel riait, Antonin en avait des larmes de joie.
Déjà de nouveaux plans s'ébauchaient. On ne demeurerait pas à la ville, on irait loin des parents envieux et de l'ironie malsaine des citadins, au village des cousins de Nicette.
Avec l'argent de l'héritage on pourrait y être très heureux ; avoir une petite ferme, des cochons, des poules, un jeune mulet, un char à banc...
Source : Gallica

Jules Vidal Un coeur fêlé (1885)

Félicien, pris par un furieux coup de tête, venait de rouler sur le sol.
On le vit étendu, le nez dans la poussière, les jambes écartées, on courut à son secours, on le releva, on l'emporta. L'émoi était à son comble. La Briscambille,livide, s'accrochait des deux mains aux claies de la charrette, suivant d'un œil agrandi par l'épouvante, la masse confuse, là-bas, derrière la foule, qui s'éloignait vers le village.
Le taureau était resté seul dans le cirque, ahuri. Sur les charrettes on commentait bruyamment l'accident. Antonin ricanait; il dit naïvement :
—. Bast ! qu'il soit bien pincé !
Source : Gallica

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