Savon de Marseille

Définition et enjeux

Léon Paul Edmond Villedary Essai sur la question du lavage des soldats dans les casernes (1878)

Pour ce qui est du savon, nous avons remarqué que le savon noir, en pâte, fournissant peu de mousse, s'étendait difficilement sur la surface cutanée, ce qui obligeait le baigneur à en reprendre souvent, à en dépenser par conséquent une grande quantité, et à se frotter pendant plus longtemps, circonstances qui occasionnaient à la fois une perte de substance et une perte de temps. Le savon de Marseille, au contraire, frotté, sous un filet d'eau, sur le gant, s'y étend facilement et fournit presque immédiatement une mousse abondante, si bien que, en quelques instants, l'homme peut s'en couvrir.
Source : Gallica

Paul Sapiens L'hygiène dans la famille (1890)

Pour les ablutions, le savon est un auxiliaire des plus utiles. Instrument par excellence de la propreté, il déterge la peau en l'assouplissant et en émulsionnant les particules graisseuses qui la souillent. Le savon de Marseille est préférable au savon noir, qui mousse difficilement. Il faut éviter, pour la peau line du visage, les savons mous ou noirs, qui sont à base de potasse, et dans lesquels l'alcali, toujours en excès, joue un rôle irritant qui peut causer des inflammations et des gerçures, parfois même des éruptions durables.
Source : Gallica

Portrait de Edmond About Edmond About Rome contemporaine

C’est surtout à la savonnerie que Marseille devait autrefois sa renommée d’infection et de malpropreté. Rien n’est plus sale que le savon tandis qu’il se fait. Il laisse derrière lui des résidus liquides et solides que les Marseillais de l’âge d’or déposaient à leur porte ou écoulaient dans le port. L’administration ne permet plus tant de laisser aller : on fait jeter les eaux sales loin du port et les terres fétides loin de la ville. Peut-être un jour toute l’industrie savonnière se transplantera-t-elle dans la banlieue.
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