Konstantin Stoyanovitch

Résumé

Konstantin Stoyanovitch Les tsiganes : leur ordre social (1974)

Le peuple tsigane existe toujours. C'est un peuple différent des autres : il a sa langue, sa religion, ses traditions, ses coutumes, ses mœurs, sa morale, son droit, son folklore, ses signes de communication, sa cuisine, son mode de vie propres, mais pas ou peu d'histoire. C'est sa grande originalité. Mais un peuple, on ne peut que le décrire, on ne peut l'expliquer. Pour cela, il faut qu'il soit constitué en société. Les Tsiganes, ont-ils donc une société ? Ils en ont une nécessairement, puisqu'ils vivent en commun et que toute vie en commun représente un genre de société.
Source : Gallica

Konstantin Stoyanovitch Les tsiganes : leur ordre social (1974)

Autrement dit, si le « Tu ne dois point tuer » est valable pour le plus humble membre de cette société, il l'est également pour le plus puissant, pour le chef de tribu, par exemple. Cela vient de ce que cette société n'est pas structurée comme une société de classe. Elle est égalitaire. Tous ses membres, hommes et femmes, riches et pauvres, sont égaux entre eux. Et s'il n'y a pas de classes sociales en son sein, c'est parce qu'elle ne comporte pas de mode de production créateur des rapports d'inégalité.
Source : Gallica

Konstantin Stoyanovitch Les tsiganes : leur ordre social (1974)

Le contrevenant, femme ou homme, s'expose à la plus sévère sanction que connaisse cette société : le bannissement hors de son giron, ce qui, pour un Tsigane, équivaut à la mort. Il s'agit là d'un des principaux tabous du peuple (et de la société) tsigane. Sa raison d'être réside sans doute dans le souci de préserver la pureté du sang tribal et par là même celle de l'ethnicité tsigane. Mais là encore, il s'agit assurément du mépris des gadjé : en épouser un, c'est l'aimer, c'est s'ouvrir à lui, se faire connaître par lui, alors qu'il en est indigne, n'ayant pas la plénitude humaine.
Source : Gallica

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