Laurent Matheron

Résumé

Laurent Matheron Goya, par Laurent Matheron (1858)

Goya veut produire à tout prix et pour tout le monde, sans dédaigner les ouvrages les plus infimes, comme s'il était plus jaloux de la popularité que de la gloire. Il pousse parfois l'entraînement jusqu'à la prodigalité, et il lui arrive d'imiter ces millionnaires fastueux qui, les jours de liesse, jettent l'or à pleines mains par les fenêtres — avec cette différence que tous les jours sont, pour l'artiste, jours de liesse.
Source : Gallica

Laurent Matheron Goya, par Laurent Matheron (1858)

Un jour qu'il posait dans l'atelier du peintre, il eut la malheureuse pensée de lui adresser, sur je ne sais quel détail de son portrait, une observation vulgaire et bourgeoise.
Or, Goya avait un tel respect pour l'inspiration, cette conseillère jalouse et impérieuse de tous les pionniers de la pensée, que lorsqu'il était en communication avec elle, il condamnait ses visiteurs et ses modèles au mutisme le plus absolu : C'est qu'un seul mot suffisait pour rompre le charme, et il n'était pas rare de voir alors Goya jeter palette et pinceau et rester plusieurs juurs
sans pouvoir rien produire.
Source : Gallica

Laurent Matheron Goya, par Laurent Matheron (1858)

Apte à tous les arts, il eût été un grand musicien, s'il n'eût pas préféré devenir un grand peintre, et si, d'ailleurs, il ne fût pas devenu sourd à quarante ans, comme Beethoven.
Quoique Goya ait été le peintre favori de Charles III, de Charles IV, de Ferdinand VII et du roi Joseph, on l'appellera toujours le peintre de Charles IV. C'est qu'entre les années prospères de l'artiste, le règne de Charles IV apparaît comme une période radieuse et privilégiée, au terme de laquelle il est arrivé au summum de son talent et de sa gloire.
Source : Gallica

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