Résumé

Pierre Paris La peinture espagnole depuis les origines jusqu'au début du XIXe siècle (1928)

Fidèle à ses instincts sévillans et à sa formation d'adolescent et de jeune homme, qui l'avaient fait essentiellement réaliste, il peint les visages de ses nobles modèles avec une sincérité de nature qui n'admet ni flatterie, ni subterfuge ; mais toujours la vérité, même si elle n'est point belle, il la relève d'une observation psychologique si profonde que l'on oublie ce qu'il peut y avoir de médiocre et de peu séduisant dans les traits pour en admirer le caractère et s'extasier devant un art de dessin et de couleur qui n'a pas de rival.
Source : Gallica

Pierre Paris La peinture espagnole depuis les origines jusqu'au début du XIXe siècle (1928)

Ce n'est pas que le génie qui se complaît au calme et à la majesté sévère ne sache s'adoucir ; il n'est pas incapable de grâce : Jésus-Christ apparaissant au Père Salmeron (au monastère de Guadalupe) (pl. XLI) est un poème de miséricorde et de bonté. Le geste du Christ posant sa main sur la tête du moine prosterné est délicat et tendre ; le Père regarde humblement le Sauveur avec un amour reconnaissant, et toute la scène s'enveloppe de suavité divine. N'était la vigueur du dessin et le relief de la peinture, ce serait, à proprement parler, le réalisme mystique de Murillo.
Source : Gallica

Pierre Paris La peinture espagnole depuis les origines jusqu'au début du XIXe siècle (1928)

Jamais aucun artiste n'a poussé plus loin le scrupule de peindre dans toute sa laide vérité un modèle aussi maltraité par la nature — et un pape encore ! — ni en même temps l'art de donner à des traits affreux la grandeur que doit leur imprimer une mission sublime. Que Velázquez se soit inspiré du portrait de l'inquisiteur Guevara, l'un des plus prestigieux du Greco, cela n'est pas douteux, et la comparaison s'impose
Source : Gallica

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