Résumé

Ch. Timbal Revue des Deux Mondes T.3, 1874

Le Louvre lui-même, si riche en œuvres capitales de Nicolas Poussin, n’a rien de supérieur aux compositions que, par une bonne fortune peu facile à prévoir, nous trouvons ici réunies : le peintre s’y montre dans toute la variété de son inspiration, jamais plus dramatique que dans ce grand Massacre des Innocents, où il a dépassé Raphaël par la terreur et la pitié, jamais plus suave ni plus tendre que dans cette petite Sainte Famille où il mêle la gravité et la noblesse de l’art antique à la grâce pieuse et aux chastes colorations de l’école mystique.
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Ch. Timbal Revue des Deux Mondes T.3, 1874

Comme Poussin, il cherche l’expression par le mouvement et la grâce par la silhouette ; Comme lui encore, il aime le paysage, mais non pas le paysage sans forme de la campagne nourricière. Ce qu’il va étudier au loin, ce qu’il inventerait au besoin, ce sont ces grandes lignes désordonnées, ces longues murailles blanches aux voûtes sombres et les nuages chargés de tempêtes. Il a pour lutter avec le soleil des procédés dont le temps accusera peut-être l’imprudence, mais qui du moins jusqu’à présent laissent voir de quelle habileté le praticien aidait l’imagination de l’artiste.
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Ch. Timbal Revue des Deux Mondes T.3, 1874

Le portrait du duc d’Urbin a toutes les qualités que nous avons essayé de définir, et que nul imitateur n’est parvenu à s’approprier. Que si nous passions à l’examen plus technique des procédés particuliers du maître, à la qualité de la pâte, à la manière de la poser, à la nature des ombres et des demi-teintes, les unes à la fois sombres et légères, les autres conduisant au plein épanouissement de la lumière par des transitions rougeâtres, il nous semble reconnaître ici toutes ces particularités très visibles pour ceux qui ont étudié dans les musées de l’Europe l’œuvre immense de Raphaël.
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