Laurent Tailhade,
La Noire Idole
“ Inquiet d’abord, le sommeil reparaît, s’affirme, et l’on peut dire que le malade, aussitôt qu’il dort à son accoutumée, est évadé enfin des ergastules de l’opium. À la crise aiguë, à l’agonie pour vivre, succède un délicieux anéantissement, une lassitude aimable d’accouchée ; une « paix alcyonienne », un sentiment de force et de plénitude inconnu depuis longtemps. Peut-être convient-il de situer l’état de désir (G. Dumas) à cette minute crépusculaire. Le besoin a disparu, la morphine a cessé de faire partie intégrante de la vie organique. Absorber du poison n’est plus un besoin vital. ”
