Résumé

M. Aubé Saint Paul et la formation du christianisme

On ne saurait sans doute ranger les épîtres de l’apôtre parmi les chefs-d’œuvre de la littérature épistolaire. Paul n’est pas, à proprement parler, un écrivain. Nul ne s’inquiéta jamais moins décomposer et ne porta plus loin le dédain de la manière, l’oubli de l’art et de ce que nous appelons l’élégance et le bon goût. Cependant nul ne possède plus de personnalité dans la façon d’exprimer ce qu’il pense et ce qu’il sent. Le langage suit chez Paul le train de l’idée, et comme l’idée est exubérante, il est impétueux, heurté, saccadé, incohérent.
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M. Aubé Saint Paul et la formation du christianisme

Il s’était improvisé missionnaire, il était apôtre de par sa seule fantaisie. Il alléguait ses visions, quelle preuve en donnait-il ? Il fallait l’en croire sur parole. Ne sait-on pas d’ailleurs que les visions sont de la part de Dieu des témoignages de colère et non d’amour ? À ceux qu’il aime, le Seigneur se montre face à face. Si Jésus lui est apparu dans une vision, et lui a parlé, comme il le prétend, c’est comme un ennemi à son ennemi. Qui soutiendra qu’on peut être initié par vision à une doctrine ?
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M. Aubé Saint Paul et la formation du christianisme

Pierre aima Jésus plus que Paul, cela est certain. Paul n’a connu que le Jésus idéal ; mais il aima, comprit, affirma ce Jésus idéal plus énergiquement que Pierre. Dans l’histoire du christianisme primitif, on peut par la pensée supprimer Pierre. Ce sera un vide dans la liste des âmes sincères et des cœurs dévoués, voilà tout. Qu’on essaie de faire abstraction de saint Paul, on ouvre un abîme où il semble que le christianisme entier disparaît. Faute du puissant ouvrier, la pensée qui portait une civilisation nouvelle serait demeurée sans fruit, comme une semence tombée sur un sable aride.
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