Résumé

M. de L*** Revue des Deux Mondes

Ainsi, la France peut se laisser séduire par la perspective lointaine des résultats attachés à la révolution coloniale ; elle peut aimer à contempler en espoir la population esclave devenue population libre, la dignité humaine satisfaite, les hommes du désert gagnés à la nature européenne ; mais le planteur ne voit, et ne peut voir, et ne doit voir que sa fortune menacée, que le pain de ses enfans et le sien compromis, que la dot de sa fille jouée contre des maximes philantropiques ; il s’effraie là où nous nous épanouissons.
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M. de L*** Revue des Deux Mondes

Ce n’est pas nous qui prendrons jamais en main la cause de l’esclavage, quand l’occasion se présentera plus tard de nous expliquer là-dessus, et nous ne croyons pas que les planteurs des colonies françaises fassent non plus résistance à une émancipation sagement conçue et prudemment exécutée ; mais nous sommes de ceux qui pensent qu’en une matière si grave, il faut bien connaître les faits, et qu’on travaille mal au profit de la liberté, quand on viole la propriété.
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M. de L*** Revue des Deux Mondes

C’est ainsi une hideuse populace, plus redoutable encore que la populace européenne, parce qu’au moins celle-ci est organisée en familles, est accoutumée à un travail régulier dont elle vit et qu’elle aime, ne sort de son repaire que lorsque la faim la presse, c’est-à-dire quand le travail manque ; tandis que l’autre n’aime pas le travail, n’est dominée par aucune sorte de sentiment social qui la musèle, et est toujours mobile, toujours liquide, comme du plomb bouillant qu’on peut couler dans le moule qu’on veut.
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