“ Le brave capitaine John Ross, envoyé avec deux vaisseaux dans la baie de Baffin, fut dupe des fantasmagories de ce monde des songes. Il vit distinctement une terre qui n’existait pas, soutint qu’on ne pouvait passer. Au retour on l’accable, on lui dit qu’il n’a pas osé ; on lui refuse même de prendre sa revanche et de rétablir son honneur. ”
John Ross
Définition et enjeux
Citations sur “John Ross”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Vl-Zz
“ Après avoir vainement attendu, pendant environ trente mois, que les glaces permissent au bâtiment de quitter la baie où il était retenu prisonnier, sir John Ross se décida enfin à abandonner tout à fait son vaisseau, au mois de mai 1832. Là commence une longue série de souffrances, de travaux, de privations de toute espèce pour ces courageux marins. Emportant avec eux, sur des traîneaux, toutes les provisions qu’ils peuvent prendre et des pirogues pour traverser les bras de mer, ils entreprennent de se faire jour à travers les obstacles de toute sorte amoncelés devant eux. ”
Sociétés françaises de géographie. Congrès, Congrès national des sociétés françaises de géographie… (1882)
“ En 1818, John Ross partit avec deux navires, l'Isabelle et l'Alexandre, ayant pour lieutenant Parry. Il revit les mers qu'avait traversées Baffin, et dès lors les découvertes du marin du XVIIe siècle ne furent plus révoquées en doute. John Ross retourna plus tard, monté sur un navire qu'un riche marchand de Londres,Félix Booth, avait équipé à ses frais; il s'obstina à chercher le passage nord-ouest sans parvenir à percer l'infranchissable barrière de glaces ”
Adolphe Bitard,
Les races humaines et les grandes explorations du globe
(1880)
“ En 1850, quoique âgé de 73 ans, sir John Ross prit le commandement d'une expédition envoyée à la recherche du malheureux Franklin, mais qui n'eut aucun résultat. Dans son grand voyage de 1829-34, l'illustre marin fit diverses découvertes qui rétrécirent de plus en plus l'espace encore inconnu de l'homme dans ces parages inhospitaliers. ”
Jules Verne,
Les voyageurs du XIXe siècle
(1880)
“ Le capitaine James Clarke Ross, qui en reçut le commandement, était le neveu du fameux John Ross, l'explorateur de la baie de Baffin. Né en 1800, James Ross naviguait depuis l'âge de douze ans. Il avait accompagné son oncle, Leurs murailles droites dépassaient de beaucoup nos mâtures. ”
Joseph-René Bellot,
Journal d'un voyage aux mers polaires…
(1866)
“ Impatient de la juste renommée acquise par ceux qu'il avait d'a- bord commandés, le capitaine John Ross rentra alors dans là lutte, avec la résolution d'y vaincre la nature. On n'avait plus à sonder que l'espace compris entre l'île Melville où Parry avait hiverné la première fois, le cap Turnagain, et le cap Barrow que Franklin et Beechey avaient atteints, chacun de leur côté, sur la rive méridionale de l'Océan polaire. Ross partit le 23 mai 1829 pour achever la découverte. Il montait un vapeur, la Victory, pourvu de mille jours de vivres et avait pour second son neveu James Clark Ross. ”
Auguste Laugel,
Revue des Deux Mondes
“ Il devient souvent complètement impossible aux navigateurs de se rendre compte, à une certaine distance, de la véritable configuration des côtes, et ils se trouvent ainsi privés d’un moyen de reconnaissance très précieux. Quelquefois le mirage a été cause des erreurs les plus graves : c’est ainsi que sir John Ross annonça, en revenant de son premier voyage, en 1818, qu’il avait trouvé le détroit de Lancastre fermé à l’horizon par une chaîne de montagnes, et qu’il fallait renoncer à l’espérance du fameux passage du nord-ouest. ”
Joseph-René Bellot,
Journal d'un voyage aux mers polaires…
(1854)
“ Je ne sais comment ensuite on pourra interpréter cette contradiction que j'oppose à ce que sir James Ross croit avoir vu ; les uns y verront l'orgueil d'un jeune présomptueux que toute une carrière d'homme de talent n'a point arrêté dans ses attaques, parce qu'il croit sans doute mieux faire ; d'autres me jugeront peut-être animé par un sentiment d'amour-propre national blessé, alors que, Dieu le sait, j'ai eu au contraire des lances à rompre presque tous les jours pour la défense des œuvres, non-seulement des Ross, mais de Parry et d'autres. ”
Amateur-Étienne Hervé, Voyages dans les glaces du pôle arctique à la recherche du passage Nord-Ouest… (1854)
“ Le 1er octobre suivant , l' escadre des capitaines Austin et Penny ainsi que le yacht de sir John Ross rentraient en Angleterre . Nous ne doutons nullement que l' état de leurs équipages , épuisés par des efforts surhumains , ne rendît ce retour nécessaire ; cependant le public oisif et blasé , sachant que ces expéditions avaient été approvisionnées pour trois ans , le trouva prématuré et reprocha à leurs chefs de n' avoir pas tenté au moins d' engager leurs vaisseaux dans le canal de Wellington . ”
Édouard Cat,
Découvertes et explorations du XVIIe au XIXe siècle…
“ De dépit, le baleinier se fit clergyman et devint un prédicateur populaire. Cependant l'Amirauté, avait fait choix du capitaine John Ross pour chercher le passage Nord-Ouest par la baie de Baffin et du capitaine Buchan pour tenter celui du Nord-Est parle Spitzberg. Ce dernier fut arrêté au nord de ce pays par d'immenses banquises de glaces avec ses navires, la Dorothée et le Trent. ”
La découverte du passage du Nord-Ouest… (1854)
“ Une extrême importance s'attachait cependant à l'exploration de la côte occidentale de l'entrée du Prince-Régent, parce que l'existence d'un dépôt considérable de provisions à la pointe Fury étant connue de sir John Franklin au moment de son départ, il n'eût pas manqué, à l'exemple de sir John Ross en 1830, d'aller chercher des moyens de subsistances sur ce point, s'il avait été à portée de l'atteindre. C'est pourquoi lady Franklin, qui avait fait les frais de la première expédition, voulut qu'elle fût renouvelée l'année suivante. ”
Amateur-Étienne Hervé, Voyages dans les glaces du pôle arctique à la recherche du passage Nord-Ouest… (1854)
“ Comptant quatre - vingt - treize hommes d' équipage , qui tous , depuis le commandant jusqu' au dernier matelot , avaient sollicité de faire partie de l' expédition , l' Isabelle et sa conserve l' Alexandre quittèrent la Tamise vers le milieu d' avril 1 8 1 8 . Le capitaine John Ross emmenait en outre avec lui , en qualité d' interprète , un Esqnimau nommé Sackouse , qu' un dépit amoureux , circonstance bien rare à noter dans un sauvage , avait entraîné loin du Groënland , sa patrie , et qu' un baleinier avait déposé à Londres . ”
Jules Verne,
Aventures de trois Russes et de trois Anglais
“ Mais le colonel Everest se taisant, William Emery ne crut pas devoir l’interroger à cet égard. Il était probable que dans l’esprit du colonel, l’heure à laquelle il parlerait n’avait pas encore sonné. William Emery connaissait aussi, de réputation, sir John Murray, riche savant, émule de James Ross et de lord Elgin, qui, sans titre officiel, honorait l’Angleterre par ses travaux astronomiques. La science lui était redevable de sacrifices pécuniaires très considérables. ”
Joseph-René Bellot,
Journal d'un voyage aux mers polaires…
(1866)
“ Je ne sais quelles peuvent être ses raisons, à moins qu'il ne craigne maintenant de se trouver en contradiction avec sir James Ross; fort heureusement pour moi, il y a des preuves irrécusables qu'en tout cas il a attendu un peu longtemps avant de changer d'avis, et de ces preuves les meilleures sont : 1° que nous avons poussé à l'ouest, alors que nous eussions dû suivre au sud, si à cette époque il eût cru la chose possible; 2° le nom d'inlet Grinnel, qui montre la persuasion où il a été, jusqu'au cap Walker et plus loin, que le passage était fermé ”
Frédéric Harrison, John Ruskin
“ Leur fils, le capitaine Thomas Adair, de Little Genoch, épousa Jeane Ross de Balsarroch, grand’tante de Sir John Boss, l’explorateur arctique, de Sir Hew Dalrymple et du Feld-maréchal Sir Hew Dalrymple Ross. Catherine, la fille du capitaine Adair et de Jeane Ross, épousa le révérend James Tweddale de Glenluce ; et leur fille Catherine se maria avec John Ruskin d’Edimbourg, le grand-père de notre écrivain. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Anc. évêché, auj. réuni à celui de Cork ; anc. collége. ROSS (Comté de) , comté d’Écosse, forme l'extrémité N. de l’Écosse d'une mer à l'autre ; il a 140 kil. sur 80 et 80 000 hab.; ch.-l., Tain. Hautes montagnes, glaciers. Climat froid, âpre. On y trouve quelques clans (ceux de Ross, Fraser, Mackenzie, Macky, Macrac, Monroe) , qui parlent encore le gaélique. ROSS (John) , capitaine de la marine anglaise, 1777-1856, fut chargé en 1818 de chercher un passage au N. O. de l'Amérique entre l'Atlantique et le Pacifique, ne put le trouver, mais explora le littoral septentr. et occid. ”
Adrien Gabriel Morice, Aux sources de l’histoire manitobaine
“ Les rangs canadiens se grossissaient en outre d’une quarantaine d’hommes, dont quelques-uns avaient leurs familles avec eux, qui accompagnaient les deux jeunes missionnaires à leur arrivée au pays. Ceux-ci avaient eux-mêmes aidé John McLeod à les recruter dans les environs de Montréal et de Trois-Rivières. C’était là un précieux renfort pour la population de sang français, qui, malgré le silence de Ross, était déjà assez considérable dans l’Assiniboia, bien que les catholiques y fussent représentés surtout par les métis. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ Mesures sévères prises par la diète germanique pour maintenir les droits des souverains contre les prétentions des démocrates. Retraite du ministère whig (9 mai) . Wellington ne peut réussir à former un cabinet. Retour de lord Grey (18 mai) . John Russel parvient à faire passer le bill de réforme parlementaire dans les deux chambres (4 juin) .-Fin du voyage d'exploration du capitaine Ross, qui a reconnu en entier, au N. de l'Amérique septentrionale, le détroit du Prince-Régent, à l'O. de la terre de Baffin. ”
Théodore Lacordaire, Revue des Deux Mondes
“ Tels étaient les progrès que ces tentatives, coup sur coup répétées, avaient fait faire à la question du passage nord-ouest, lorsqu’en 1829, le capitaine Ross, après dix ans de repos, rentra dans la carrière. Son projet, conçu en 1827, fut, à deux reprises différentes, présenté par lui à l’amirauté, qui lui déclara que le gouvernement avait pris la résolution de ne plus se charger de pareilles entreprises. Le capitaine trouva heureusement dans son ami M. Booth, shériff de la Cité de Londres, un de ces hommes rares chez qui une immense fortune s’allie aux idées les plus élevées. ”
Wilfrid de Fonvielle,
La conquête du pôle Nord
(1877)
“ En se privant des services d'un tel homme, l'amirauté s'exposait à échouer. Elle eut plus de bonheur qu'elle n'en méritait, car ses navires tombèrent entre les mains de marins admirables, dont l'un se nommait Ross, et dont l'autre s'appelait Parry. Ross, qui eut le commandement en premier, était un marin intrépide, qui s'était distingué, pendant les dernières guerres, sur les côtes d'Espagne. Il était doué d'une telle intrépidité, que dans trois actions auxquelles il assista il ne reçut pas moins de treize blessures. ”
Arnould Galopin , Mémoires d’un cambrioleur retiré des affaires
“ Si Maître Ross arrive à nous en débarrasser, d’une façon ou d’une autre, il y a mille livres pour lui. — Non... c’est moi qui vous en débarrasserai... — Oh ! mon cher Colombo... que vous êtes gentil !... Alors, les mille livres seront pour vous... Je vous le promets... Voulez-vous un acompte ? — Non... j’ai confiance en vous. — Et comment nous en débarrasserez-vous ? — Mais d’une façon bien simple... En lui faisant piquer une tête par-dessus bord. Mme Pickmann se jeta dans mes bras, et me serrant à m’étouffer : — À la bonne heure ! s’écria-t-elle... au moins vous, vous êtes un homme ! ”
Auguste Laugel,
Revue des Deux Mondes
“ Dès le printemps, Ross fit faire une expédition par terre, sur des traîneaux, et recueillit ainsi de nouveaux renseignemens sur la géographie de ces contrées. Il ne put pas mieux cette fois dégager son navire des glaces, et il fallut se résoudre à passer un nouvel hiver dans le vaisseau. Il serait trop long d’entrer dans le détail de tant d’efforts et de misères : Ross passa six hivers de suite dans ces affreuses solitudes, et dès la troisième année la santé de son équipage commença à s’altérer sensiblement; mais Ross et ses compagnons opposèrent le plus héroïque courage à leurs souffrances. ”
Arnould Galopin,
Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires
“ Tout ce que l'on pouvait faire, c'était de résister à la bourrasque, «d'étaler le coup», comme on dit, mais ensuite, il serait impossible de continuer le voyage. Il faudrait rallier quelque port, afin de se procurer un nouveau mât, ce qui demanderait au moins une huitaine, et peut-être davantage.Maître Ross était furieux, il s'en prenait à tous les hommes de l'équipage, comme s'ils eussent été solidairement responsables de l'accident, mais j'entendis son second qui disait, d'un ton maussade: «On a cargué trop tard». ”
Les voyages célèbres. Aventures et découvertes des grands explorateurs (1875)
“ Cependant, le capitaine Ross se disposa à partir à pied à travers les glaces et la neige ; son projet était d'aller jusqu'à une certaine distance avec un fonds de provisions et les bateaux, de les abandonner ensuite, afin d'avancer plus aisément, puis de -gagner la plage de la Fury pour y prendre de nouvelles provisions et aussi les bateaux qui devaient s'y trouver. Tout ce qu'on ne pouvait emporter fut mis en sûreté ; on hissa le pavillon de la Victoire et on le cloua au mât. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Ces messieurs (le capitaine Sabine était du nombre) qui jouaient en ce moment aux échecs, ne voulant point interrompre leur partie, lui firent répondre qu’ils avaient déjà observé la côte, et n’y avaient reconnu aucune ouverture. Ross, confiant dans cette déclaration dont rien d’ailleurs ne pouvait lui faire suspecter l’exactitude, continua sa route. Les géographes persistèrent dans leur opinion jusqu’à l’arrivée de l’expédition à Orkney. ”
Tradition et modernité : 1744-1994 (1994)
“ Dans le cours de cette enquête, votre comité a reconnu qu'en 1827, le capitaine Ross, stimulé par le désir d'assurer à son pays l'honneur de décider la question si long-temps agitée d'un passage du nord-ouest, proposa d'abord au gouvernement, et, après en avoir éprouvé un refus, à son ami M. Felix Booth, d'équiper une expédition à cet effet ”
Théodore Lacordaire, Revue des Deux Mondes
“ Nulle part, dit le capitaine Ross, on n’apercevait un seul atome d’eau ; — excepté quelques pointes noirâtres de rochers, se dressant de loin en loin, rien n’apparaissait tout à l’entour de l’horizon qu’une couche uniforme et éblouissante. C’était à vrai dire, un triste tableau. Malgré l’éclat dont elle brille, cette terre, la terre des neiges et des glaces éternelles, a toujours été et sera toujours un désert morne, désolé et accablant pour l’ame ; sous son influence, la pensée elle-même est paralysée ”
Les voyages célèbres. Aventures et découvertes des grands explorateurs (1875)
“ Un intrépide voyageur, qui avait accompagné Franklin dans ses deuxgrandes expéditions à travers le continent américain, revint aussitôt d'Italie où il jouissait d'un repos mérité et s'offrit pour aller à la recherche de Ross. Ce voyageur était le capitaine Back. Ses services furent acceptés avec empressement. Comme il se proposait de gagner les parages où devait se trouver Ross; en partant du Canada et en traversant tout le nord de l'Amérique, la Compagnie de la Baie d'Hudson fit prévenir ses agents et leur donna l'ordre de préparer à l'avance tous les objets dont il devait avoir besoin ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ ROSS, (Géog. mod.) province de l’Ecosse septentrionale, & la plus grande de toutes, car elle s’étend d’une mer à l’autre. Elle est remplie de lacs, de montagnes & de bois ; aussi le bétail & les bêtes fauves y abondent. Elle fut annexée à la couronne sous le regne de Jacques III. Lesley (Jean) , célebre écrivain écossois, d’une ancienne famille, naquit à Ross en 1527, & devint évêque de sa patrie. Dans les disputes de religion, il prit le parti des catholiques romains ; mais cela ne l’empêcha pas de cultiver les sciences. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Ce qu’il y a de plus remarquable et de plus excellent dans lord John Russell, c’est le caractère. En toutes choses, dans toutes les circonstances, il conserve une inflexible droiture. L’art de se plier aux nécessités du moment lui est inconnu. Le talent de tromper ses adversaires, de mystifier ses amis, que sir Robert Peel possède à un si haut degré, lui est étranger, et, le possédât-il, il rougirait de s’en servir. ”
Richard Cortambert,
Peuples et voyageurs contemporains…
(1864)
“ Les Esquimaux du voisinage visitèrent les étrangers , et il s' établit bientôt entre eux et les Anglais un agréable échange de bienveillance . On payait les services par l' abandon d' un objet de peu de valeur , qui ne laissait pas de remplir d' allégresse les naturels . « Que personne , dit le capitaine Ross , ne pense connaître le véritable prix d' un don avant d' avoir appris quelle joie peuvent produire un petit grain de verre bleu , un bouton doré , une aiguille ou un vieux morceau de cercle de fer . » ”
