Marthe Bertin

Résumé

Marthe Bertin Les deux côtés du mur (1886)

« Pour réfléchir! » avait dit l'oncle Aubier; mais il ne se doutait pas à quel point on obéissait à cet ordre dans la petite chambre.
« C'est comme une souris ! dit Nita lasse, enfin, de ce silence prolongé; il sort et il rentre sans que personne s'en doute ; quand donc est-il revenu ?
— Cette nuit, probablement, répliqua Ramire, sans se retourner; Sylvine aurait bien pu nous prévenir ce malin.
— Elle était de mauvaise humeur, reprit Nita; tu n'as donc pas remarqué comme elle jetait les assiettes sur la table?
— Non, » dit Ramire avec indifférence. Puis il retomba dans ses réflexions.
Source : Gallica

Marthe Bertin Les deux côtés du mur (1886)

Sylvine remplissait la chambre de ses lamentations.
Ramire lui imposa silence.
« Vous allez faire peur à Nita, dit-il; taisezvous ! »
Trois minutes plus tard, Nita, habillée aussi, rejoignait son frère au bas de l'escalier.
« Emmène-moi, Ramire, dit-elle toute tremblante; j'aimerais mieux être dehors avec toi! »
Il lui prit la main et l'entraîna.
« Viens, dit-il, je l'aime mieux aussi; Sylvine a la tête perdue!
— Crois-tu qu'il va mourir? reprit-elle en frissonnant.
— Je ne sais pas! Sylvine dit qu'il est très malade; courons! »
Ils coururent de toutes leurs forces.
Source : Gallica

Marthe Bertin Les deux côtés du mur (1886)

Nita, rassurée maintenant sur le compte de son frère, donnait libre cours à sa joie.
« Ne plus quitter Nadette! vivre avec elle comme une sœur, toujours ! quel rêve ! »
Elle accablait Mme Geoffrey de ses caresses et de ses baisers, elle sautait, elle s'extasiait, elle en appelait à Ramire.
« Qui aurait jamais pensé cela? M. Geoffrey notre tuteur! Parle donc, Ramire, je suis si contente! »
Mme Geoffrey le força doucement à se relever et le rapprocha de sa sœur : « Il n'a pas besoin de parler, dit-elle avec un sourire plein d'affection, nous nous comprenons très bien!. »
Source : Gallica

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