Max Valrey

Résumé

Max Valrey,  Revue des Deux Mondes (1862)

“ En été, la nuit venue, quand une brise chaude entrait par les croisées ouvertes, il arrivait souvent à Carnille de prendre Hermine par là taille et de l'entraîner doucement vers le piano; puis, après avoir posé, tout près d'elle, de grands vases pleins d'héliotropes, de jasmins et de tubéreuses, elle soufflait les bougies.
— Chante, mon Bengali, ma petite Hermine, mon ange, disait-elle à son amie en l'embrassant. Cette obscurité, cette brise tiède, ces parfums, c'est Bourbon, vois-tu, c'est mon beau paradis ! J'étais si heureuse alors, je souffre tant aujourd'hui!
”
Source : Gallica

Max Valrey,  Revue des Deux Mondes (1862)

“ Madame Tranchevent regarda la Ginevra, comme si la cantatrice lui avait proposé de livrer son enfant au minotaure de Crète.
— C'est impossible, chère amie! s'écria le lieutenant avec un mouvement d'impatience mitigé par sa sympathie pour l'artiste.
La Ginevra ne se troublait pas pour si peu.
— C'est, au contraire, la chose la plus simple du inonde, reprit-elle. Venez tous les deux à Paris avec votre Hermine. Je me charge de son succès. Elle vous gagnera en une seule soirée plus d'argent que le roi ne vous en donne par an. Vous verrez, quel bonheur ! N'ai-je pas eu moi-même du succès.
”
Source : Gallica

Max Valrey,  Revue des Deux Mondes

“ Après un moment d’hésitation, il se précipita aux pieds du lieutenant. — Pardonnez-moi ! pardonnez-nous !... dit-il d’une voix sourde et pleine de larmes.
Le père d’Hermine ne le repoussa pas. — Vous m’avez tué ! murmura-t-il en voilant ses yeux de sa main.
Jean restait agenouillé, il attendait son arrêt. — Obéissez à vos parens, reprit le lieutenant d’une voix qu’il s’efforçait de rendre ferme ; eux seuls ont le droit de disposer de vous. Vous n’êtes plus rien dans une famille que vous avez à jamais désolée.
— Et Hermine ?... cria Jean avec force. Hermine, que deviendra-t-elle ?...
”
Source : Wikisource

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