Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais

Résumé

Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais La Royauté. (1829)

Pour les contenter, il y aurait à faire sauter la couronne d'une tête à l'autre, de jour en jour, de minute en minute; ou à diviser la contrée en mille et mille fractions de souveraineté.
Au premier bruit que le Roi abdique, on verrait et les loyales, les perverses ames, et les nobles, les lâches caractères, et les grands, les petits esprits, tous d'accord enfin , tous d'une voix unanime, s'écrier :
" Sire , nous sommes votre peuple et vous êtes « notre roi : disposez de nous, sauvez-nous d'eux, «préservez-nous de nous-mêmes. »
Source : Gallica

Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais La Royauté. (1829)

Contre le principe de la souveraineté du peuple, une objection seulement est bonne à faire.
C'est qu'il ne peut être mis en pratique. Essentiellement, l'attribution du droit serait personnelle et la participation à l'acte serait égale : la majorité numérique ferait autorité.
Et ne disons pas que le premier mouvement de la majorité tendrait à dépouiller, à exterminer la minorité : donnant l'exemple le plus séduisant, à la nouvelle majorité qui se formerait dans l'ancienne devenue ainsi la totalité : sans qu'il y eût une fin possible, que sous le morne règne du dernier survivant.
Source : Gallica

Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais La Royauté. (1829)

Parce que la hiérarchie aura été culbutée, précipitant les uns du faîte , exhaussant de la fange, les autres ; y aura-t-il moins de chances à renverser les parvenus, les nouveaux venus?
Hélas ! la patrie, ainsi que vous dites , ne sera qu'une lice à combats, qu'une arêne de gladiateurs, où la couronne non plus de chêne mais d'or mat, à peine posée sur la tête, sera attaquée, arrachée, et fera le tour de l'un à l'autre, parmi la bande : sauf que le vainqueur du jour n'extermine à propos les assaillans du lendemain, ne transforme l'arène en un cimetière.
Source : Gallica

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